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jeudi 18 octobre 2007 15:30

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Radiohead, piraté malgré tout

Mis en vente sur Internet à un prix libre, le nouveau Radiohead a tout de même été téléchargé sur les réseaux pirates.

par Sébastien Delahaye

tags : musique , p2p , téléchargement , piratage , économie

La pochette de « In Rainbows ». DR

La semaine dernière, Radiohead sortait In Rainbows, son premier album depuis 2003. Particularité de cet opus de 10 titres : il n’est (pour l’instant) en vente que sur Internet en téléchargement, et c’est au consommateur de choisir le prix qu’il souhaite payer pour l’acquérir, de zéro à 99 Livres Sterling. En quelques jours, le groupe britannique sans label a ainsi écoulé 1,2 millions d’albums. Un chiffre qui comprend évidemment les téléchargements payés zéro euro. Selon Wired, une majorité d’internautes aurait préféré télécharger gratuitement l’album sur le site de Radiohead, tandis que les autres auraient payé entre 2,5 et 4 Livres (3,5 et 6 euros). Sur le site de musique communautaire Last.fm, où les dix morceaux de l’album sont les dix plus écoutés de la semaine, les internautes discutent de la valeur de l’album. Le Canadien Xavier regrette d’avoir payé zéro dollar pour l’album, tandis que Fernando Filho, au Brésil, se sent « coupable » de ne pas avoir payé assez. De son côté, Jonathan, Irlandais dit avoir payé « 13,65€, et ça valait le coup ». Moins terre à terre, Glen Rowlan, Anglais, estime lui « qu’on ne peut pas mettre un prix sur une oeuvre d’art ».

Mais le prix très faible, voire nul, de l’album n’a pas empêché la tradition de reprendre le dessus. Selon Forbes, qui cite des chiffres de la société Big Champagne, spécialisée dans l’étude du piratage sur Internet, In Rainbows aurait déjà été piraté plus de 500 000 fois sur les réseaux peer-to-peer (p2p). Et Big Champagne estime que le nombre de téléchargements pirates dépassera d’ici quelques semaines celui du nombre d’albums achetés. Pour Eric Garland, président de Big Champagne, « les internautes ne connaissent pas le site de Radiohead. Mais ils connaissent l’adresse de leur site BitTorrent favori, et ils l’utilisent tous les jours. C’est tout simplement plus facile pour eux d’obtenir la version illégale plutôt que la version légale. » Parmi les autres explications, on trouve aussi l’obligation de devoir s’enregistrer sur le site de Radiohead pour pouvoir acheter l’album, selon Doug Lichtman, un professeur de propriété intellectuelle. Qui est un brin alarmiste : « si la communauté rejette même des expériences visionnaires comme celle-ci, cela fait de grands dommages à la prochaine génération d’expérimentations et de changements. » Malgré tout, EMI, l’ancien label de Radiohead, a souligné que l’action du groupe était « une alarme bienvenue à laquelle il faut réagir avec créativité et énergie. » Et Radiohead a fait savoir son intention de signer avec un label pour mettre en vente son disque en magasins l’an prochain.


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