mardi 9 septembre 2008 11:52
Recherche dans Google : Les trois premiers, sinon rien
par Astrid Girardeau
tags : moteurs de recherche , Google , étude
Eyetracking de Google, en 2005 et en 2008 - DR
« Combien de fois utilisez-vous Google tous les jours ? Toutes les semaines ? Tous les mois ? D’innombrables fois ! Et diriez-vous que vous l’utilisez de la même manière qu’il y a quelques années ? » La question est posée par Think Eyetracking, une société spécialisé dans l’eyetracking, une technique qui permet d’observer comment circule le regard, par exemple devant une page web. Et sa réponse est : « Probablement pas ». Leur nouvelle étude, intitulée Has Google gotten better ?, montre comment, en quelques années, l’utilisation générale et intensive du moteur de recherche a pu modifier les habitudes des internautes en matière de recherche et de lecture des résultats. Les deux images comparent l’attention des internautes sur une page de résultats en 2005 (à gauche) et en 2008 (à droite). Dans les deux cas, ils ont utilisé la même méthodologie, nommée PEEP (PDF).
Les trente participants ont été « eyetrackés » dans leur tâche, puis été interrogés sur leur comportement habituel. Les schémas révèlent qu’en seulement trois ans, l’internaute a profondément changé ses habitudes. Là où l’attention se portait sur l’ensemble de la page, elle se concentre maintenant sur les cinq premiers résultats, et la majorité des clics se porte sur les trois premiers (sans compter les liens sponsorisés). Think Eyetracking souligne que cela va dans le sens de la récente tendance observée par l’Université de Cornell (leur étude a révélé que les 3 premiers résultats Google obtenaient 79% des clics) et par AOL (qui a montré que 63% de clics sont concentrés sur les trois premiers résultats). Pourquoi proposer plusieurs pages de résultat quand une seule est regardée ? La question se pose. D’autant que, interrogés ensuite sur ce qu’ils font quand ils ne trouvent pas de résultat satisfaisant sur la première page de Google, 87% des participants ont répondu qu’ils modifient les termes de recherche ou les affinent. Par ailleurs, 97% des personnes interrogées ont indiqué que Google était le moteur de recherche qu’elles utilisaient le plus couramment, mais parmi elles, 86% ont déclaré qu’elles ne s’embêteraient pas à utiliser un autre moteur.
Ainsi, dans une autre étude, intitulée Cuil is (currently) destined to fail (Cuil est (aujourd’hui) voué à l’échec), Think Eyetracking montre que l’approche de Cuil, le moteur de recherche récemment lancé par des anciens de Google, avec son affichage des résultats en deux ou trois colonnes, a perturbé les internautes, inconsciemment attachés au format linéaire de Google. L’attention a du mal à se fixer, le regarde circule de manière saccadée dans les résultats. « C’est trop encombré. Je dois choisir ce que je veux regarder », explique l’un des participants. L’utilisation de Google est devenue une telle habitude que les utilisateurs ont optimisé leur comportement en conséquence, ils agissent maintenant de manière à éviter d’avoir à faire défiler la page ou aller sur les autres pages de résultat conclue Think Eyetracking. Si l’étude est intéressante en terme d’évolution des comportements, elle souligne également que la course aux mots-clés, et au meilleur page-ranking, est loin d’être terminée.
Eyetracking de Cuil - DR
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