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vendredi 13 octobre 2006 11:30

  • internet

Repompe à fric

par Sébastien Delahaye

Un vent de révolte souffle sur les campus américains. Guerre en Irak ? Droits des minorités ? Légalisation de la drogue et du téléchargement de mp3 ? Rien de tout cela. Si l’étudiant américain modèle 2006-2007 proteste, c’est parce qu’il ne veut plus entendre parler de TurnItIn. Ce service, utilisé déjà par quelques universités, vérifie le contenu de chaque devoir et détermine s’il s’agit d’un plagiat. Il est évidemment impossible de juger de la fiabilité d’un tel outil, mais 30% des devoirs contiendraient des passages plagiés, selon TurnItIn. L’an dernier, dans une étude du Centre pour l’Intégrité Académique, 37% des étudiants interrogés avouaient avoir déjà plagié du contenu dans un devoir. C’est mal.

Pour détecter le contenu plagié, TurnItIn se base sur 10 000 périodiques, 60 millions de pages web et surtout sur 22 millions devoirs d’étudiants. Et 60 000 nouveaux devoirs sont rajoutés chaque jour à la base. C’est là que le bât blesse : les étudiants reprochent à l’entreprise américaine d’exploiter commercialement leur travail (pourtant potentiellement plagié) sans rétribution. Les étudiants du lycée McLean ont même lancé une pétition pour supprimer l’utilisation du logiciel, expliquant que cela pervertit la relation de confiance entre élèves et professeurs. Les facs ne se précipitent d’ailleurs pas sur le service, d’autant qu’il faut payer pour soumettre un devoir au détecteur de plagiat : 80 cents (60 centimes d’euro) par an et par élève, ce qui revient à payer chaque année plusieurs dizaines de milliers de dollars.

Une activité qui rapporte, donc, même si aucune des grandes universités américaines (notamment Harvard et Yale) n’utilise le service, arguant que leur code d’honneur suffit à prévenir la triche. Rien d’étonnant selon John Barrie, le patron d’iParadigms, l’entreprise développant TurnItIn : « vu leur réputation, ces universités ont tout à perdre. Il n’y aucune raison de croire que les étudiants d’Harvard sont un modèle d’éthique ».


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    13 octobre 2006 13:58
    A noter qu’un système similaire est utilisé à Sciences Po Paris (et peut-être ailleurs en France, je sais pas).

 

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