mercredi 18 février 2009 11:22
Robotique en folie
Docu. Pour Canal +, Marc Caro part en virée au Japon. Plaisant mais inégal.
tags : documentaire , robotique
DR
Astroboy à Roboland de Marc Caro. Cana l+, 22 h 35.
Après la réalisation de son premier long métrage, le foutraque mais risqué Dante 01, Marc Caro suit la route empruntée par Beineix et Kounen avant lui. L’ex-camarade de Jean-Pierre Jeunet revient ainsi par la case documentaire avec son Astroboy à Roboland, création originale commandée par Canal +. Tourné en une vingtaine de jours à Tokyo, son film s’intéresse aux robots et leur cohabitation avec l’homme, sujet ambitieux qu’on imagine cher à ses yeux de mordu de science-fiction. Le personnage d’Astroboy (Astro le petit robot, par chez nous) est né en 1952 sous la plume d’Osamu Tezuka, avant de devenir une star du petit écran dans un dessin animé à succès. Dès les premières minutes du documentaire, un intervenant décrit sa naissance comme un événement fondamental « pour la science, la société et la culture japonaise ». Point de départ de ce 52 minutes signé Marc Caro, Astroboy ne sera pratiquement plus évoqué par la suite, les auteurs (Caro lui-même et Etienne Barral, journaliste français installé à Tokyo) étant plus intéressés par les évolutions de la robotique dans la vie quotidienne. Bien qu’à prendre avec des pincettes, une étude prévoit qu’en 2015, près de 13 millions de robots « partenaires » seront aux petits soins de leurs propriétaires dans les foyers japonais. Le documentaire se focalise donc sur les applications potentielles de ces avancées. Qu’elles soient expérimentales, médicales ou totalement futiles, Caro les illustrent en abondance : une ribambelle d’ingénieurs, designers, sociologue, professeurs universitaires est convoquée pour les commenter. C’est la force du film (ne pas se limiter à un strict domaine) mais également sa faiblesse. Chaotique, cette virée à Roboland tend à partir dans toutes les directions, comme si le réalisateur, face à la richesse de son sujet, avait eu du mal à se fixer un cap. Le documentaire apparaît dès lors forcément inégal : digne d’un bon reportage de Tracks pendant une séquence, puis du pire d’E=M6 pour la suivante, il décevra surtout les attentes des aficionados de Caro, réalisateur hélas marginal dont la vision inspirée manque cruellement au cinéma français.
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