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mercredi 2 septembre 2009 15:52

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Rock & Pirates à Saint Malo #2 : le gratuit, ça peut payer

Suite de nos tribulations malouines, où l’on papote de gratuité et de découverte d’artistes avec les premiers concernés.

par Alexandre Hervaud

tags : musique , téléchargement , rock , festival

Forest Fire filmé par Grandcrew - DR

Saint-Malo, envoyé spécial

Dès le premier jour de la Route du Rock, l’air breton nous a inspiré cette subtile réflexion, à ranger soigneusement dans le classeur « idées magiques de l’apéro » : avoir un groupe et faire de bons morceaux, c’est bien joli, mais c’est quand même mieux quand ils sont écoutés. Voire achetés, à la rigueur, mais faut pas pousser non plus.

Entre la surpeuplée jungle Myspace (de plus en plus désertée en termes de réseau social pur au profit de Facebook) et la frilosité des labels qui se serrent la ceinture, pas évident de se faire remarquer dans le music business en l’an de grâce 2009. Des initiatives parviennent pourtant, ça et là, à faire émerger du néant des formations tout à fait recommandables, comme les folkeux de Forest Fire, programmés à cette 19eme édition du festival.

En septembre dernier, nous vous invitions à télécharger de toute urgence leur album Survival, enthousiasmés qu’on était après l’écoute de ce premier opus aussi remarquable que gratuit. Enfin pas vraiment 100% gratis, mais ce groupe de Brooklyn proposait ce Survival en streaming et en téléchargement à tarif libre (le modèle « pay what you want » popularisé par Radiohead), tout en misant également sur la vente de supports physiques : CD à 5€ avec la possibilité de donner « un pourboire » aux artistes, et une édition limitée rapidement épuisée. La possibilité de téléchargement à prix libre est désormais terminée, mais l’album peut toujours être écouté intégralement en ligne. Plusieurs mois après, on retrouve le groupe, distribué en France par le label Talitres, entre deux concerts. La bande revient sur cette stratégie du gratuit qui a payé.

Mark Thresher, avec son faux air du cousin de Napoleon Dynamite mais en brun, est le chanteur de Forest Fire. De nature plutôt réservée, il explique que leur disque a été réalisé en huit mois, les différents membres du groupe ne vivant pas exactement tous dans le même quartier (côte est pour les uns, côte ouest pour le reste). Après son enregistrement intercontinental, l’album s’est donc retrouvé en ligne à prix libre. Une idée qui ne vient pas du groupe, mais d’un ami vendeur de disque... « On était sceptiques au début mais on s’est rendu compte qu’on avait rien à perdre, vu le niveau assez bas de nos attentes en ces temps difficiles. Finalement ça a plutôt bien marché pour nous », analyse Mark, sans pour autant avoir de chiffres en tête à nous communiquer.

Avec ou sans chiffre, on peut croire sur parole le chanteur quant à l’efficacité d’une telle stratégie, ne serait-ce qu’en terme de communication. « L’idée de le mettre à disposition, c’est que plus il y a de gens qui nous écoutent, mieux c’est. » Et réciproquement, les Forest Fire utilisent-ils le Net pour découvrir de nouveaux groupes ? Paradoxalement, pas vraiment, à en croire un musicien : « Je le faisais, mais j’ai arrêté. Au bout d’un moment, tu as trop de choix, trop de possibilités. Je me fie maintenant aux recommandations d’amis, et pas aveuglément comme avant ». Sur le téléchargement illégal, le groupe se montre résigné mais compréhensif : « c’est une bonne chose que les gens puissent accéder à la musique qu’ils veulent, moi même je n’ai pas les moyens d’acheter toute la musique que j’écoute. »

Visiblement contents d’être en tournée, les Forest Fire semblent garder les pieds sur terre. « On espère un peu vendre des disques, mais ce n’est pas notre objectif principal, ce n’est pas encore une carrière et on a tous nos vrais boulots à côté ». En l’occurrence charpentier, loueur de voitures, employé d’institut psychiatrique... Pour se faire une idée de leur folk cool (bien qu’un peu mollasse parfois, soyons francs), jetez donc un coup d’œil à la session acoustique réalisée à Saint-Malo, pendant le festival, par le site Grandcrew, spécialiste des captations live.

A suivre...

Précédemment :
Rock & Pirates à Saint Malo #1 : introduction


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