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mardi 10 juin 2008 10:27

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« Rockband », tous en scène

Jeu vidéo. Le nouveau titre d’Harmonix permet à tout un chacun de monter son groupe. Compte rendu de la présentation à Ibiza.

par Olivier Séguret

tags : musique , xbox 360

DR

Rockband , jeu vidéo pour Xbox 360, (Harmonix/MTV Games), 270 euros

Au fait, le rock, c’est quoi ? Jusqu’ici, beaucoup de choses : une musique, une culture, une mode, un style, parfois même une attitude. Cet été, le rock, ce sera aussi un jeu vidéo : Rockband, justement, pour lequel quatre joueurs peuvent former un groupe et jouer, en rythme et en mesure, l’un des 70 hits du patrimoine rock mondial inclus dans le titre (1), grâce à une série d’accessoires dédiés (guitare, batterie, micro). Dit comme ça, ça n’a l’air de rien, mais ce concept est à l’origine de l’un des plus extraordinaires succès de ces dernières années dans l’industrie du jeu : Guitar Hero, dont trois volets écoulés à plusieurs millions d’exemplaires sont déjà sortis et qui repose sur le même principe, réduit à une seule guitare. C’est le studio de développement Harmonix, spécialiste du shoot musical (Frequency, Amplitude) qui a inventé la recette de Guitar Hero, pour le compte de l’éditeur Activision. Au terme d’une brouille compliquée, Harmonix a abandonné sa licence Guitar Hero à Activision et est allé en créer une analogue, Rockband, chez le meilleur concurrent de celui-ci : Electronic Arts.

Pour parfaire le dispositif, MTV est venu apporter son crédit « rock » à l’opération, la chaîne abritant le jeu sous un parapluie de légitimités aux couleurs du logo MTV Games. Les guerres commerciales qui font rage dans le monde du jeu vidéo ont aussi eu cet effet collatéral : c’est la Xbox 360 qui a décroché l’exclusivité provisoire sous nos latitudes (une version PS3 suivra dans quelques mois), donnant ainsi à Microsoft le champ libre à une promo tous azimuts sur un titre dont les analystes estiment qu’il vaut de l’or. Disons tout de suite qu’il vaudra aussi de l’or pour ses éventuels acquéreurs européens, la sinistre farce du « change défavorable en euros » dont on nous sert le prétexte à tout propos (voir l’écart de prix d’un iPhone entre les Etats-Unis et l’UE) atteignant ici un comble risible (2). Mais une fois cet écueil franchi, par exemple en regroupant les énergies et les fortunes comme de nombreux forums gamers y encouragent, il faut reconnaître au titre une puissance addictive, festive et fédératrice assez exceptionnelle.

C’est à Ibiza, pour le week-end d’ouverture des clubs au seuil de la saison « Summer 08 », que Microsoft a convié environ 150 journalistes européens à tâter du Rockband. Le temps (pluvieux), la date (Opening Night du Pacha) et surtout le contexte offert par le jeu se prêtaient aux rituelles bières et vodka/Red Bull. Avec quelques canettes, en effet, rien n’est plus convivial qu’une partie de Rockband. Il suffit d’observer un groupe de joueurs agrégés par les circonstances pour comprendre sur quoi repose l’irrésistible attrait de ce titre : il comble tous les fantasmes que n’importe quel ado un peu attiré par la musique a un jour entretenus. Rockband convient à quiconque ayant, un jour, empoigné devant la glace un peigne ou un balai en guise de micro face à un public en délire. Si vous avez, dans votre jeunesse ou hier soir, réuni dans un garage trois potes convaincus de réécrire la légende du rock avec des amplis pourris, alors ce jeu vous rendra enfin justice. Si la musique a toujours été pour vous prétexte à play-back de mariole ou à karaoké avec instruments mimés dans le vide (façon air guitar), alors, là encore, ce titre vous est destiné.

C’est là toute sa force : quel que soit le rapport que l’on entretient avec la musique, profond ou distancié, passionnel ou ironique, sérieux ou amusé, Rockband a toujours une porte à offrir pour qu’on puisse s’y faufiler. Malgré l’aspect joujou en plastique des instruments (même s’il y a écrit Fender sur les guitares…), les musiciens patentés peuvent sérieusement se piquer au jeu.

C’était tout le but de la démonstration-performance organisée ce week-end sur une plage d’Ibiza réputée pour ses afters extatiques. C’est le groupe trendy Maximo Park qui s’y est collé, produisant un miniconcert tout en énergie avec les instruments du jeu, dont les images étaient simultanément diffusées sur écran géant. Effet de réel garanti : on ne sait plus trop si on assiste à la blague d’un groupe établi, ou si c’est effectivement sa peau rock (et l’avenir qui va avec) qu’un petit groupe de jeunes inconnus est en train de jouer. C’est d’ailleurs là que l’on perçoit toute l’astuce de cette opération. On se croirait en fait dans un de ces événements que les maisons de disques organisaient au temps de leur puissance glorieuse. Comme si Microsoft tentait de reproduire des mœurs et pratiques en cours dans l’industrie musicale des années 70. Et il ne s’agit sans doute pas d’un hasard si c’est justement à l’occasion d’un jeu qui surfe sur la vague d’un revival rock que cela se produit.

Un peu plus tard, une soirée hystérique à l’Ibiza Rocks Hotel, peuplé par des hordes de sosies de Pete Doherty, achèvera de nous en convaincre. De là à dire que c’est en quelque sorte à travers le jeu vidéo que le Rockband encore, il n’y a qu’un pas, que l’on s’empressera ici de sauter.

(1) Selon les formules proposées (en pack ou séparément) les accessoires plus le jeu sont disponibles au prix de 170 dollars aux Etats-Unis mais 270 euros en Europe !

(2) Parmi lesquels David Bowie, The Clash, The Police, Deep Purple, The Ramones, Metallica, Aerosmith, R.E.M., Iron Maiden… Il sera également possible d’acheter online 70 autres titres.


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