mardi 8 février 2011 19:16
Au Royaume Uni, la presse peut retweeter dans ses papiers
par Erwan Cario
tags : presse , vie privée , twitter
Citer en intégralité les messages d’un utilisateur de Twitter dans un article, sans avoir obtenu auparavant sa permission : la pratique est devenue, depuis quelques mois, des plus communes. On pourrait citer de nombreux exemples, le dernier en date étant les divers comptes-rendus d’un grand oral ayant eu lieu dans la rédaction d’un quotidien national (le JDD, Arrêt sur images, 20 Minutes…). Mais est-ce pour autant vraiment légal ? Au Royaume Uni, la Press Complaints Commission (PCC, l’équivalent du CSA pour la presse écrite) a tranché : c’est oui. Cette décision — une première — fait suite à la plainte déposée par Sarah Baskerville à l’encontre de The Daily Mail et Independent on Sunday pour violation de sa vie privée. La fonctionnaire, sympathisante travailliste, employée au Département des transports, a fait l’objet en novembre dernier d’une enquête de la part de sa hiérarchie pour avoir critiqué avec virulence la politique gouvernementale sur son compte Twitter et sur son blog. Des agissements soi-disant à l’encontre du devoir de réserve inhérent à son statut. Les deux titres avaient alors couvert l’affaire en citant abondamment les messages en cause. Notamment un tweet réagissant à un projet gouvernemental destiné à faire travailler gratuitement les chômeurs pendant quatre semaines, sous peine de perdre leurs allocations. « C’est du travail forcé qui s’apparente à de l’esclavage. Quand l’humiliation s’arrêtera-t-elle ? Pourquoi s’acharner sur cette partie de la société ? », avait-elle écrit. La PCC a jugé que les messages postés par Sarah Baskerville étant publics (elle avait à l’époque 700 followers, mais son compte était accessible à tous sur twitter.com), il n’y avait pas eu d’infraction : « Dans ce cas, la commission a décidé que la republication de contenu par des journaux nationaux, même s’il était destiné à l’origine à une audience plus petite, ne constituait pas une violation de la vie privée. » Selon le Guardian, Stephen Abell, le directeur de la PCC, a expliqué : « c’est une décision importante de la commission. De plus en plus de gens utilisent les réseaux sociaux pour diffuser des éléments de leur vie, et les demandes concernant l’aspect privé ou non des informations sont en constante augmentation ».
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