mardi 1er juin 2010 09:20
SFR érige le quadruple play en « Absolu »
CC BY SA Daniel
« All time, all networks ». Traduisez : « Tout le temps sur tous les réseaux ». C’est la tendance lourde de consommation des services télécoms qui seront forcément convergents demain. Son autre petit nom : le quadruple play — du Web, de la télévision, du téléphone depuis le fixe et le mobile, et en illimité. Il a fallu moins de dix jours à SFR pour embrayer derrière Bouygues et dégainer son offre quadruple play. Elle s’appelle Absolu, et elle cible les abonnés « à haute valeur ajoutée », c’est-à-dire à grosse consommation, que tous les opérateurs se disputent. La rumeur relayée par le journal 01net a été confirmée ce week-end par l’opérateur. Bouygues Telecom avait créé la surprise en osant le premier Ideo 24/24 : appels illimités depuis les mobiles couplés à la Box de l’opérateur (téléphone, télévision et Web), le tout pour moins de 100 euros par mois. SFR lui emboîte le pas pour 10 euros de plus. Qu’il justifie ainsi : un réseau 3G plus rapide (7 mbps), un forfait data plus généreux (1 go) et deux millions de hot-spots wifi. SFR se distingue aussi en s’interdisant de forcer la main à son client. Il pourra garder son Internet chez la concurrence et souscrire Absolu pour son seul mobile. Dans ce cas, la facture sera plus chère : 99,90 euros pour uniquement le mobile illimité. Bouygues, en revanche, oblige son abonné séduit par le mobile illimité à tout consommer chez lui. Dernier venu sur le Web haut débit (avec 428 000 abonnés sur sa Box au 31 mars), Bouygues entend booster ses recrutements. Pour Edouard Barreiro, de l’UFC-Que choisir, Bouygues n’a pas vraiment le choix : « C’est sa seule stratégie pour rattraper les autres sur le fixe [le trio Orange, Free, SFR, ndlr]. Or, à moins de deux millions de clients dans l’Internet fixe, il est difficile d’investir dans la fibre et d’exister sur le marché. » Orange se prépare, lui aussi, à lancer une offre cet été. Premier à communiquer sur le quadruple play, il sera ainsi bon dernier à le commercialiser. Il attend le feu vert de l’Autorité de la concurrence. En tant qu’opérateur dominant, il n’a pas le droit pour l’instant de faire des ventes croisées : démarcher ses abonnés mobiles pour leur faire une offre Internet ou vice et versa. Bouygues, lui, a ce droit. Précision : les ventes liées, longtemps interdites en France, sont à présent tolérées, et ce « depuis que la réglementation européenne autorise les packages, au motif de la liberté de commercer », regrette Edouard Barreiro. Réponse de l’Autorité sous quelques jours. Paru dans Libération du 31 mai 2010
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