mardi 21 octobre 2008 16:28
« Saints Row 2 », positif à la testostérone
Prendre le contrôle d’une ville en tirant partout et en faisant un peu n’importe-quoi, c’est ce que propose cet anti-« GTA IV » très régressif. Et plutôt réussi.
tags : pc , PS3 , xbox 360 , violence
DR
Noble effort que celui de Rockstar avec Grand Theft Auto IV : transformer les jeux « open world » en univers noirs et réalistes, faire un polar sérieux, un jeu vidéo adulte. Effort d’autant plus noble, donc, qu’ils sont bien les seuls : Saints Row 2 vient détruire tout ça, et renvoie le genre à l’adolescence. Des blagues grivoises, du mauvais goût, des explosions dans tous les sens, des milliers de cadavres, des personnages cartoon, des situations exagérées... Et finalement, c’est très rigolo. Saints Row 2 commence par une évasion de prison, où, avec l’aide d’un détenu, on abattra maints gardes et détruira force véhicules, qu’ils soient aériens ou aquatiques. Suivra, juste après, un passage au tribunal, pour libérer un compère sur le point d’être condamné à mort pour 257 meurtres. Il faudra ensuite trouver un local pour établir son gang, ce qui passera par l’expulsion, vers le cimetière, de quelques dizaines d’autres ennemis. Un démarrage fin et subtil, et ça ne ralentira pas vraiment ensuite. Dans Saints Row 2, le but est de reprendre le contrôle de la ville, Stilwater, (un chouïa plus petite que celle de GTA IV), découpée en une quarantaine de quartiers. Au fil des missions, on pourra reprendre quartier après quartier aux autres gangs du coin (les Samedi, des fans de vaudou, les Ronin, au nom explicite... là encore le jeu est tout en subtilité et sans stéréotype aucun) et surtout à Ultor, une méga-corporation forcément vilaine, qui souhaite transformer Stilwater en clone de la Défense. Chaque quartier possédé fournira chaque jour de l’argent, qui permettra de s’acheter des bricoles ou des munitions.
Pour faire les missions, il faudra cependant faire grimper sa jauge de respect. Et pour ça, deux solutions : tuer des membres de gangs adverses au hasard dans les rues (après tout, ça ne coûte pas grand chose et il y en a à l’infini) ou faire des « activités ». Ce qui est l’une des parties les plus joyeusement bordéliques du jeu : on se retrouve à faire des courses poursuites endiablées, à arroser de purin de jolies maisons, à détruire un quartier entier ou, mieux, à jouer au policier en pleine bavure (si possible au lance-flammes) filmée par la télévision. Et pour faire grimper sa barre de respect, on pourra aussi s’offrir des habits divers, qui vont du costume classique au déguisement le plus débile. C’est ça, Saints Row 2 : des actions stupides mélangées à des situations irréalistes et absurdes. D’autant que, puisque c’est un clone de GTA, on peut utiliser tous les véhicules que l’on veut, y compris des avions. Le jeu de Volition n’est cependant pas parfait, et peut même être bien frustrant de temps à autres : il suffit par exemple de mal se placer durant certaines missions pour qu’elles se prolongent à l’infini (et taper sur des nuées de clochards pendant vingt bonnes minutes, ce n’est pas si amusant que ça). Pire, le jeu a une vilaine tendance à faire disparaître de la ville les objets (corps, véhicules) qu’il juge inutile. Il suffira ainsi de perdre une seconde de vue un véhicule pour qu’il disparaisse à jamais. Dommage quand on voulait piquer une jolie caisse... Saints Row 2 est aussi parfois salement répétitif, dans ses missions comme dans ses blagues, en plus d’être immature. Malgré tout, et peut-être justement pour ça, Saints Row 2 est finalement très fun. Rien de tel, après tout, que de faire sauter une station service déguisé en homme sandwich.
DR
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