Ecrans, un site de Libération.fr

Dixit

Je rejette le terme “piratage”. Ce sont des gens qui écoutent de la musique et la partagent avec d’autres personnes.

Steve Albini, pilier du rock indépendant américain depuis 1982

  • Home
  • Internet
  • Télévision
  • Cinéma
  • Dvd
  • Jeux
  • Téléphone
  • Forums
  • Rss

mercredi 9 mars 2011 11:45

  • internet

Sans fonds, « l’Arche » s’échoue sur le Net

par Catherine Coroller

tags : presse , médias , religion

L’arche de Noé par Edward Hicks (1846)

Le numéro de mars de l’Arche sera le dernier. Après soixante ans d’existence, le « magazine de référence du judaïsme français » disparaît. Enfin, disparaît-il vraiment ? « Il ne s’agit pas d’une fermeture, on transforme l’Arche papier en Arche.fr », proteste Pierre Besnainou, le président du Fonds social juif unifié (FSJU), son éditeur. Pour l’heure, l’Arche.fr est très en devenir. « Le site est en cours de maintenance… » peut-on lire sur la page d’accueil.

Sans attendre, l’Arche papier disparaît. « Sauf si quelqu’un m’apporte 250 000 euros », ironise le patron du FSJU. Avec 2 000 à 2 500 abonnés et 200 à 300 numéros vendus, selon les chiffres de Besnainou, ce magazine perd de l’argent. « L’audience de l’Arche est de plus en plus faible, poursuit-il. Nous n’avons pas arrêté de pousser la communication. Nous sommes présents dans la quasi-totalité des conférences organisées autour de la communauté juive. Dernièrement, nous avons envoyé 300 000 mails, et nous avons eu très peu de retours ».

L’Arche est une toute petite structure : trois permanents et demi, dont Meïr Waintrater, le directeur de la rédaction, et 70 collaborateurs extérieurs, dont « 98% de l’intelligentsia française du judaïsme », selon l’un des contributeurs. Malgré ces faibles moyens, l’Arche est un magazine de qualité. « C’est un lieu essentiel du débat intellectuel, plaide le politologue Jean-Yves Camus, lui-même de confession juive. En ces temps de fragmentation communautaire, l’Arche n’a pas d’équivalent dans le champ des revues pluralistes et ouvertes dans leur orientation. »

Pour Jean-Luc Allouche, ancien rédacteur en chef du magazine, une partie des difficultés de l’Arche s’explique justement par cette fragmentation communautaire : « Pendant longtemps, le FSJU a représenté la communauté juive globale. Aujourd’hui, on assiste à un extrême morcellement de cette communauté en petites "chapelles" : les loubavitch, les consistoriaux, les orthodoxes, les libéraux, et, chacun ayant son propre bulletin, à une floraison de journaux plus catégoriels. »

L’Arche disparue, les juifs de France ne disposeraient plus de média fédérateur. « Il me paraît inconcevable que la communauté juive la plus importante d’Europe occidentale n’ait pas d’organe de presse institutionnel », relève Jean-Yves Camus. Certains mettent en cause une décision jugée purement comptable de Pierre Besnainou. « Les difficultés financières de l’Arche ne datent pas d’aujourd’hui, rappelle Jean-Luc Allouche. J’ai connu le FSJU avec de grands bonshommes qui avaient ce souci universel de la communauté et tenaient à bout de bras un élément qu’ils considéraient important pour elle. »

Besnainou a géré la fin de l’Arche avec mépris pour les collaborateurs du journal. Ces derniers ont été informés de sa disparition sans beaucoup d’égards. Par un mail collectif envoyé le 24 février. « C’était une maladresse, concède le patron du FSJU. Sur le fond, la décision est juste, mais je regrette la forme. » La personne de Pierre Besnainou concentre des critiques : « Il gère le FSJU de façon très autoritaire, pas démocratique », dit un salarié.

L’annonce de la cessation de parution de l’Arche a suscité de l’émotion dans la communauté juive. Un groupe Facebook s’est créé : « Cela m’a évidemment alerté, mais sur les 400 personnes qui en font partie, il n’y en a que trois qui sont abonnées », tacle Besnainou. Hier soir, l’équipe du journal devait rencontrer le patron du FSJU. Avant le rendez-vous, ce dernier se disait prêt à élargir le groupe de travail sur la migration de l’Arche papier vers le Net. Promettant que « toutes les idées seront les bienvenues, même si cela nous conduit à décaler de deux ou trois mois la mise en ligne du nouvel Arche que j’avais prévue dans le courant du mois de mai ».

Paru dans Libération du 8 mars 2011


Il y a 1 réaction à cet article.

Lire les réactions.
Réagir à cet article.

Partager cet article

Partager Tweet


Twitter Ecrans Facebook Ecrans

Sur les mêmes thèmes:

presse - Lekiosque.fr se presse à l’étranger

médias - Temps de parole : les soutiens comptent aussi

religion - Allah se fait représenter au procès de Nessma TV

article précédent
« Sans que nous nous en apercevions, un nouvel humain est né, pendant un intervalle bref, celui qui nous sépare de la Seconde Guerre mondiale »
article suivant
Charlie Sheen, l’overdose du Net


 

Loading

Outils

  • imprimer
  • réactions (1)
  • Tweet
  • Partager

Actualit

  • Pierre Lescure, des intérêts en question
  • Angry Birds prend son envol social
  • Pas de « Silence on joue » cette semaine
  • [Vidéo] Ecrans.fr, le podcast citoyen
  • Un coup de Moog

Lib.fr

  • Concerts de casseroles au Québec contre la «loi matraque»
  • François Hollande en visite surprise en Afghanistan
  • Un homme arrêté pour le meurtre d'un enfant disparu en 1979
  • Des sénateurs américains veulent frapper le Pakistan au porte-monnaie
  • La projection du film de Dieudonné annulée à Cannes
publicité

Inutile donc inutile

img75
Un coup de Moog

Jouer du Daft Punk avec le doodle Moog de Google ? Yes he can.


Chronophage

Wake up the Box 4

On ne se contente plus d’assembler les pièces de bois à notre disposition pour construire une machine à réveiller la boîte. Il faut désormais les dessiner soi-même.


Ecouter / Voir

img75
Un clip dans ses petits papiers

« Østersøen » fera moins consensus sur son style musical que ses charmants décors en papier et carton.


Hum, bizarre...

img75
Dans le secret des lieux

L’un des gouvernements les plus zélés sur Google Earth est celui des Pays-Bas, qui a recouvert d’esthétiques polygones des centaines de sites stratégiques (palais royaux, dépôts de fuel, bases militaires...)


Vidéo box

img75
Meilleurs souvenirs du net

Marco Cadioli se livre à des dérives existentielles autour du globe avec Google Earth.


Vendredi, à poils !

img75
« Ce glandeur de phoque du Groenland n’a pas de boulot »




accueil | internet | télévision | cinéma | DVD | jeux | téléphone
contacts | licence | mentions légales | données personnelles | charte d’édition
engine SPIP | powered by carburant
© Libération- un site de Libération Network - 2006 - 2008