mardi 8 mars 2011 18:28
« Sans que nous nous en apercevions, un nouvel humain est né, pendant un intervalle bref, celui qui nous sépare de la Seconde Guerre mondiale »
par Erwan Cario (l'article, pas la citation)
tag : éducation
A l’occasion d’une séance solennelle inter-académique se tenant le mardi 1er mars sous la Coupole de l’Institut de France à propos des « nouveaux défis de l’éducation », le philosophe et historien Michel Serres a lu un discours titré « Petite Poucette ». C’est un texte brillant qui analyse et dissèque les évolutions et les révolutions qui aboutissent à l’être humain d’aujourd’hui. On se gardera bien de le résumer, il est disponible intégralement en ligne. Voici un court extrait. « Sans que nous nous en apercevions, un nouvel humain est né, pendant un intervalle bref, celui qui nous sépare de la Seconde Guerre mondiale. Il ou elle n’a plus le même corps, la même espérance de vie, n’habite plus le même espace, ne communique plus de la même façon, ne perçoit plus le même monde extérieur, ne vit plus dans la même nature ; né sous péridurale et de naissance programmée, ne redoute plus la même mort, sous soins palliatifs. N’ayant plus la même tête que celle de ses parents, il ou elle connaît autrement.
Il ou elle écrit autrement. Pour l’observer, avec admiration, envoyer, plus rapidement que je ne saurai jamais le faire de mes doigts gourds, envoyer, dis-je, des SMS avec les deux pouces, je les ai baptisés, avec la plus grande tendresse que puisse exprimer un grand-père, Petite Poucette et Petit Poucet. Voilà leur nom, plus joli que le vieux mot, pseudo-savant, de dactylo. »
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