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lundi 20 février 2012 13:08

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Twitter : l’UMP fait fermer les parodies du candidat Sarkozy

par Sophian Fanen

tags : politique , censure , twitter

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La polémique du week-end sur Twitter France s’éclaircit un peu en ce lundi matin. Pour ceux qui ont passé les derniers jours dans une cave sans wi-fi, résumons : une série de comptes parodiant la campagne et le programme de Nicolas Sarkozy ont été suspendus par Twitter, quelques jours après le lancement du compte officiel du président-candidat : @_NicolasSarkozy, @mafranceforte, @fortefrance, @Sarkozycestfini et @DehorsSarkozy. D’où levée de boucliers, cris à la censure, et montée du hashtag #sarkocensure dans les trending topics français.

Comme d’habitude, Twitter a commencé par se tenir à un silence dérangeant, avant de répondre aux sollicitations de Kaboul.fr, le site parodique qui gère depuis 2010 @_NicolasSarkozy et le tout aussi parodique @francoisholland. L’association Internet sans frontières publie la réponse argumentée de Twitter sur son site.

L’entreprise américaine explique avoir reçu « un rapport suivant lequel [le] compte @_NicolasSarkozy commet une usurpation d’identité non parodique. Bien que Twitter croie fermement à la liberté d’expression, une imitation qui induit en erreur, prête à confusion ou trompe autrui est contre les règles de Twitter. »

Sauf que personne de sain d’esprit ne pouvait être dupé par la nature du compte @_NicolasSarkozy, qui affichait comme description : « Compte parodique de Nicolas Sarkozy. Pour toutes les stars, suivre @kaboul_fr. »

 

 

Deux procédures peuvent permettre de mettre un compte hors-jeu sur Twitter. La plus classique est un report as spam massif, c’est-à-dire dénoncer, via un bouton prévu à cet effet, un compte comme contrevenant aux conditions d’utilisation du réseau social. Une procédure qui permet surtout de faire taire les robots spammeurs, mais qui a aussi été utilisée comme une arme politique, par exemple dans l’affaire Frédéric Lefebvre. Débarquant sur Twitter fin 2009, celui qui était alors porte-parole de l’UMP avait été visé par une intense campagne d’opposants qui avait eu raison de son compte, bani du réseau avant d’être rapidement réintégré — notamment après une intervention de Loïc Le Meur auprès de Twitter.

La seconde procédure, c’est la dénonciation directe d’un compte comme usurpateur d’identité. Et, comme le rappelle ce matin Kaboul.fr, « pour dénoncer un compte [...], il faut être la victime ou son représentant légal ».

Les internautes accusent donc depuis hier l’UMP d’avoir directement demandé la fermeture des comptes parodiant le candidat du parti, ce qui semble se confirmer ce matin selon un tweet du journaliste de France Inter Nasser Madji [mise à jour : et cet article du Monde].

 

 

C’est donc une bataille politique ouverte qui s’amplifie sérieusement sur le réseau social, ce qui pose de pressantes questions sur la position de Twitter dans cette guerre d’influence entre soutiens plus ou moins directement liés aux partis. Bien plus qu’en 2007, Twitter est un acteur majeur de la campagne présidentielle en cours et la parodie doit y rester possible dans les limites de la législation française, très ouverte dans le domaine.

Dans sa réponse à @_NicolasSarkozy, Twitter précise sa vision d’un compte parodique acceptable : « Modifiez ces caractères de votre profil : Nom du compte. Une fois que vous avez fait cette modification et que vous avez soumis celle-ci pour approbation en vue de la restauration, vous devrez modifier les paramètres suivants une fois que votre compte est remis en ligne : l’arrière plan, la photo de profil. »

En clair, il est interdit d’imiter pour parodier... ce qui est pourtant l’un des fondements de la parodie, que pratiquent tous les soirs, par exemple, les Guignols de l’info.


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