mercredi 28 mai 2008 10:15
Sarkozy verrouille la redevance
Télé sans pub. Le Président refuse toute augmentation : un camouflet pour la commission Copé.
par Isabelle Roberts, Raphaël Garrigos
tags : politique , Télé sans pub
Boum ! Quand la commission Copé fait boum ! Hier, Nicolas Sarkozy a coupé les pattes de la commission qu’il avait lui-même mise en place en février pour réfléchir à la télé publique sans pub. Tout simplement en disant, sur RTL, niet à toute hausse de la redevance. Même pas les 2,5 pauvres euros qui avaient été évoqués la semaine dernière par Copé dans un de ses scénarios de financement. Rien. Nib. Du coup, il y a le feu partout : au sein de la commission dont la majorité des membres étaient favorables à la hausse de la redevance (116 euros actuellement, alors que la moyenne européenne est de 161 euros), seul moyen pérenne de financer l’audiovisuel public. Hier, la réunion qui devait être consacrée à France 3 l’a été entièrement à la redevance et, selon un témoin, « c’était brûlant ». A gauche Patrick Bloche, député PS et membre de l’atelier financement de la commission, a estimé qu’elle a « perdu sa raison même d’exister. » Pour Bloche, « on voit de façon criante qu’à l’heure d’aujourd’hui, l’audiovisuel public sans publicité n’est pas financé et que tout le travail patient de la commission Copé depuis plusieurs mois se trouve complètement balayé par les déclarations du président de la République ». Même discours chez un autre membre PS de la commission, Didier Mathus : « C’est une vaste plaisanterie, un assassinat de la télé publique au coin du bois. » Au point que les socialistes envisagent sérieusement de quitter le navire, une hypothèse qui sera présentée aujourd’hui devant le groupe PS. « Je suis plutôt partisan de quitter la commission, estime Mathus, ça n’a plus aucun sens aujourd’hui. » A France Télévisions, où se tenait hier une assemblée générale de la Société des journalistes (SDJ) de France 3 consacrée à une possible fusion des rédactions, on tente de faire bonne figure : « Il faut continuer à affirmer nos différences, notre identité », plaide un journaliste. Mais l’abattement est palpable, « c’est la guéguerre entre Copé et Sarkozy qui continue », soupire un journaliste. Selon Carole Petit (SNJ), membre de l’intersyndicale de l’audiovisuel public, « on vit ça comme une volonté de fermer le robinet et d’assassiner le service public ». Et les salariés de France Télévisions comptent bien se faire entendre, le 18 juin prochain, avec une grève de 24 heures et un rassemblement « un peu festif », place de la République à Paris. L’intersyndicale a demandée à être reçue par Nicolas Sarkozy, comme celui-ci s’y était engagé. Et le principal intéressé, Jean-François Copé, qu’en dit-il ? Selon le Point, en coulisses, il parlerait de sabotage. Brr.
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