jeudi 30 octobre 2008 09:23
Second Life pour la PS2
par Olivier Séguret
C’est un peu comme dans ces jeux où l’on voit poindre le châtiment du game over et où, in extremis, on gagne une vie supplémentaire. En annonçant que sa valeureuse mais ancienne PlayStation 2 (huit ans à peine, soit une éternité à l’échelle frivolissime du jeu vidéo) devenait désormais une plateforme ouverte à tous les développeurs de jeu qui le souhaitent, Sony a offert à sa console reine une chance sérieuse de prolonger une carrière déjà étincelante. « Il n’est plus nécessaire de soumettre votre jeu à Sony pour qu’il en approuve le contenu », a précisé George Bain, responsable pour la compagnie Sony des relations avec les game-designers, rompant ainsi avec un modèle économique dominant et longtemps considéré comme l’entrave la plus importante à la liberté de création. La nouvelle est d’autant plus importante que la PS2 est à ce jour la console de salon la plus vendue au monde. Avec ses 130 millions d’unités installées, elle continue de représenter une source de revenus importante pour les éditeurs de jeux qui continuent de lui faire confiance. A cet égard, il sera très intéressant de comparer les ventes d’un titre aussi stratégique que PES 09 dans sa version PS2 et dans ses versions next-gen, Konami ayant eu la grande sagesse de ne pas négliger le « vieux » format, qui est encore très souvent le seul possédé par les ados. L’autre implication cruciale et réjouissante de cette nouvelle, c’est qu’une PS2 « open source » facilitera l’accès de studios indépendants et fauchés, notamment dans les économies dites émergentes, où un développement peu coûteux peut faire toute la différence. George Bain a lui-même cité l’exemple de l’Inde et de la Russie, où plusieurs projets destinés aux marchés locaux étaient sur le point d’éclore. La rumeur de projets brésiliens ou en provenance d’anciens pays de l’Est bat aussi son plein. On espère quand même que cette dimension « locale » ne sera pas trop restrictive et que la diffusion des imports suivra. A ce jour, on évalue à près de 1,5 milliard le nombre de galettes pour PS2 écoulées autour du globe. Avec ce second souffle apporté à une console un peu trop vite jugée « en fin de vie », ces chiffres extravagants pourraient vite être périmés. Mais le plus important n’est pas dans le volume qu’apportera peut-être ce regain : il est dans l’espèce de panache qui consiste à sortir du paysage, puisqu’il le faut tôt ou tard, par le haut : en se livrant à tous et en beauté.
Il y a 1 réaction à cet article.
Lire les réactions.Réagir à cet article.
Partager cet article
Partager Tweet
Actualit
Lib.fr
- Cravate, corbillard, camembert, ces noms propres qui deviennent communs
- La Cité de radieuse de Marseille meurtrie par l'incendie
- Total a enregistré un bénéfice record de 12,3 milliards en 2011
- «Le référendum est un outil très risqué»
- Ouganda: abandon de la peine de mort dans la proposition de loi anti-homosexualité


