mardi 8 mai 2007 10:15
Serge Moati dans les pas de ceux qui suivent
Le journaliste livre son habituelle contribution d’après-élection et s’attache au staff des candidats.
par Bruno Icher
tags : documentaire , politique
Il faut reconnaître à Serge Moati une certaine obstination dans la célébration. A chaque élection, il se livre à l’exercice du documentaire consacré à la campagne, et dont la diffusion suit immédiatement le verdict des urnes, comme une ode plutôt joyeuse à l’exercice démocratique. Il ne déroge pas à la règle avec la diffusion hier soir, de la Prise de l’Elysée (rediffusée la nuit prochaine) qui revient sur les cent jours qui ont précédé le premier tour. Toutefois, contrairement aux éditions précédentes, Moati n’a pas suivi les candidats eux-mêmes (à part Bayrou un petit peu), traquant leur enthousiasme et leur fatigue, leurs peurs et leurs espoirs, récoltant aussi au passage quelques phrases assassines. Non, cette fois, il s’est calé dans le sillage des gens de l’ombre. Vincent Peillon (PS), Jean-Christophe Lagarde (UDF) ou Rachida Dati (UMP) pour ne citer que les porte-parole officiels, mais aussi tous ceux qui suent sang et eau sur les routes pour convaincre, presque un par un, chaque individu qui croise sa route. Les passants et les commerçants sur les marchés, les éleveurs de salades, les ouvriers dans les usines, les militants qui viennent poser la question qui tue ou l’opposant qui donne libre cours à sa mauvaise humeur. Le passage avec Claude Bartolone (PS) ferraillant pied à pied avec un vieux monsieur, dans le froid humide d’un matin gris, montre à quel point il faut aimer la politique et y croire pour subir ce sort. Des candidats eux-mêmes, et notamment le duo Sarkozy et Royal, on ne voit rien d’autre que leur image médiatiquement correcte. En gros, des déclarations, des meetings et d’innombrables poignées de main entrevues sur diverses chaînes. Toute la fébrilité de la campagne, cet incomparable cirque itinérant, est fidèlement rendue par l’agitation frénétique de l’aréopage de conseillers, exécutant bon gré mal gré les besognes indispensables. La dramaturgie est intense, presque davantage du côté des seconds rôles que de celui des divas. Histoire d’en ajouter encore un peu, Moati a quand même suivi un candidat, un seul : Le Pen. A son domicile, dans les salles de maquillage, dans les coulisses des meetings, le patron du FN ne lui a rien refusé. Pas même un gros plan glacé de sa déception au soir du premier tour. Un choix logique finalement, soulignant que le vote de 2007 devait surtout effacer des mémoires un certain 21 avril. La Prise de l’Elysée
Sur France 3
Rediffusion le 11 mai, à 2h50.
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