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jeudi 1er juillet 2010 09:10

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« Shrek IV », tout ce qui brille n’est pas ogre

par Laureen Ortiz

tag : animation

I can haz flying cat - DR

Shrek 4, il était une fin de Mike Mitchell, animation. 1 h 32.

Dans ce chapitre qui clôt (enfin !) les aventures de Shrek, l’ogre vert devenu le héros tête de gondole du studio Dreamworks Animation est en pleine crise de la quarantaine, fatigué d’être père de triplés et adulé. Marié à la princesse Fiona (Cameron Diaz pour la voix), qu’il a jadis sauvée, il attrape la nausée sur le refrain « ils eurent des enfants et vécurent heureux pour toujours ». Le bus de touristes qui viennent s’extasier chaque jour devant sa porte - clin d’œil aux « startours » organisés à Hollywood pour designer aux visiteurs les maisons des stars - lui sort par les yeux. Bref, on voit Shrek (Mike Myers) tomber en quasi-dépression dans les premières séquences, dont l’apogée a lieu le jour du premier anniversaire de ses bambins.

Shrek rêve de redevenir un ogre, un vrai, qui fait hurler les passants à chacune de ses apparitions. Il signe naïvement un contrat luciférien avec le bad guy, Rumpelstiltskin (Walt Dohrn), fan de techno, qui peut lui restituer sa nature horrifique d’antan. Shrek découvre que ce marché doit se payer au prix fort, et tentera d’inverser le cours de ce sort malencontreusement scellé. Le quatrième Shrek joue comme dans les précédents épisodes de références détournées (hier Blanche-Neige, ici Pinocchio), mais les gags sont ici trop rares, assurés principalement par les personnages secondaires de l’âne Donkey (Eddie Murphy) et du chat Puss in Boots (Antonio Banderas). Le film se laisse cependant voir, notamment grâce à l’utilisation, plutôt sobre, du relief. La morale de l’histoire, comme d’habitude chez Dreamworks où l’insolence de façade finit par s’effondrer in fine pour laisser place à un bon gros sens commun, incite à se satisfaire d’une sage vie de père de famille comblée.

En cinq semaines, le film a drainé 223 millions de dollars (181 millions d’euros) outre-Atlantique. Encore loin derrière les hits Shrek 2 et, dans une moindre mesure, Shrek 3, pourtant maudit des critiques. Le film déferle en France sur quelque 900 copies, son concurrent direct issu des studios Disney, Toy Story 3, sort sur nos écrans le 14 juillet après un démarrage en trombe outre-Atlantique.

Paru dans Libération du 30/06/2010


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