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mercredi 13 juillet 2011 18:39

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Silk Road : un site de livraison de drogue à domicile en sursis

par Julie Hamaïde

tags : p2p , téléchargement

DR

Pas de balle perdue au milieu d’un trafic en pleine rue ni de cache-cache avec la police. Depuis le mois de février, un marché noir de la drogue est en ligne, sous le nom de Silk Road. Ce site internet, que l’on compare à un Amazon des substances illicites, permet aux dealers comme aux acheteurs de commercer en toute sécurité. Ah si seulement Walter White avait su ça plus tôt...

Accessible via un réseau décentralisé et crypté, TOR, qui ne permet pas la traçabilité de ses utilisateurs, Silk Road et ses membres n’auraient aucun souci à se faire. Après un téléchargement rapide de TOR et une fois l’ URL (secrète) de Silk Road connue, il suffit de se créer un compte sur le site. Pas besoin d’enregistrer son adresse mail, ni aucune coordonnée personnelle. Hasch, héroïne ou encore LSD, les acheteurs n’ont qu’à passer leur commande et un petit colis sera déposé au pas de leur porte dans les jours qui suivent. Seulement voilà, pas de colis sans contrepartie monétaire. Et là encore, les petits malins à l’origine du site on trouvé la solution : utiliser une monnaie virtuelle, appelée BitCoin.

 

 

Cette monnaie, créée il y a deux ans par un mystérieux Japonais répondant au nom (ou au surnom) de Satoshi Nakamoto, fonctionne sur le modèle du peer-to-peer. Ainsi, elle échappe totalement à l’autorité des États et ne passe pas par l’intermédiaire des banques. Cependant, les BitCoins sont eux aussi soumis aux spéculations, qui peuvent leur faire acquérir plus ou moins de valeur d’un jour sur l’autre. Leurs transactions, publiques, n’utilisent que les adresses BitCoin préalablement acquises par les utilisateurs de cette devise alternative. Aucun tiers ne peut donc empêcher ou contrôler ses transferts ; une aubaine pour le site Silk Road.

Mais c’est là que tout se corse. Deux sénateurs américains, les démocrates Charles Schumer et Joe Manchin, s’inquiètent de l’ampleur grandissante que prend cette monnaie, qui n’est soumise ni au contrôle du gouvernement, ni à celui de la Réserve fédérale. En effet, au-delà d’être utilisée dans la vente de drogues illégales sur Silk Road, BitCoin séduit de plus en plus de libertaires. Cette devise, qui ne tire sa valeur que de son acceptation comme moyen de paiement, est présente sur de nombreux sites, listés par BitCoin.

Dans une lettre ouverte, les deux sénateurs demandent au procureur général des Etats-Unis, Eric Holder, de sévir contre Silk Road. « Le seul moyen de paiement de ses achats illégaux passe par une monnaie intraçable connue sous le nom de BitCoin. Après avoir acquis des BitCoins, l’utilisateur peut créer un compte sur Silk Road et commencer à acheter les drogues illégales d’individus situés dans le monde entier. Nous vous exhortons de prendre une décision rapidement et de fermer ce réseau », écrivent-ils. En se servant de son usage illicite, les sénateurs pourraient décimer BitCoin. En effet, par le biais de certaines techniques sophistiquées, le gouvernement pourrait analyser toutes les transactions, qui sont enregistrées, et traquer chaque utilisateur. Silk Road pourrait ainsi fermer ses portes très prochainement. Ses membres, eux, se félicitaient d’avoir tenu si longtemps.


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