vendredi 29 mai 2009 17:05
« Skins », à fleur de peau
Sur Canal +, deuxième saison crue sur fond de déprime, de sexe et d’electro.
par Léa Lejeune
tag : série
Oh, sweet sixteen - DR
Skins,série britannique de Bryan Elsley et Jamie Brittain, saison 2. Canal +, chaque jeudi.
On avait laissé Tony, la belle gueule de la bande de Bristol, en sang sur le bord de la route. Un mois et une saison plus tard, les ados politiquement incorrects de Skins essaient de s’en remettre à leur façon. Avec toujours les mêmes mots d’ordre : sexe, drogue et electro. A coups de décolletés pigeonnants, Michelle, la rouquine, veut recoller les morceaux avec son Tony attardé et amnésique. Et Anwar, le gosse d’une famille musulmane pratiquante – incarné par Dev Patel, révélé depuis dans Slumdog Millionaire – s’est fixé un objectif : dépucelage à tout prix. Une bonne excuse pour introduire une nouvelle, Sketch, détraquée au physique noté 5/10 par ses camarades. Amoureuse de Maxxie, elle met en danger ses rivaux lors d’une comédie musicale chaotique. Pendant que, comme d’habitude, ce deuxième épisode se termine dans un sacré bordel.
Plus noire, plus crue, plus mélancolique, cette deuxième saison va crescendo comme un plaisir défendu. Bryan Elsley et Jamie Brittain fouillent leurs personnages. D’abord, les parents alcoolos, adultères et dépressifs. Il était temps. Ensuite, les relations sentimentales – comprendre sexuelles – de ces jeunes pris dans un octogone amoureux. Plus c’est tordu, plus on aime et une poésie se dégage, à mille lieues des productions américaines consensuelles. Avant sa sortie, cette deuxième saison a fait grand bruit outre-manche. Channel 4 avait imprimé des affiches promotionnelles un poil choquantes : Michelle en petite tenue sur fond d’orgie. Censure, a réclamé la Commission de réglementation de la publicité britannique. Ce n’est pas ça qui arrêtera la machine Skins, mais peut-être le changement complet du casting pour la troisième saison. Pour l’instant, la série est toujours aussi bien roulée. Bande-annonce : Paru dans Libération du 29 mai 2009
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