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vendredi 3 octobre 2008 09:20

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Michael Moore : Le doc gratuit, en fait non, mais finalement si ?

par Astrid Girardeau

tags : documentaire , p2p , justice , the pirate bay , bittorrent , gratuit

DR

Début septembre, on apprenait que Michael Moore allait mettre son prochain documentaire, Slacker Uprising, gratuitement en ligne. Financé en partie par Moore lui-même et par les frères Weinstein, il relate la tournée du réalisateur dans 62 villes américaines à l’occasion des élections de 2004. L’objectif est d’inciter les jeunes à se rendre aux urnes pour la prochaine élection présidentielle en novembre prochain.

Depuis, le « documentaire gratuit » file une saga pleine de rebondissements.

Le 23 septembre, mauvaise surprise. Le film est bien mis en téléchargement gratuit pour trois semaines sur un site dédié salckeruprising.com. Mais, en fait, seuls les internautes d’Amérique du nord, américains et canadiens, sont autorisés à en profiter. La restriction géographique se fait via un filtrage sur les adresses IP. Les internautes hors Canada et US qui désirent télécharger le film voient s’afficher le message suivant : « les avocats nous ont malheureusement signifié que nous sommes uniquement autorisés à offrir ce film aux personnes résidant aux USA ou au Canada », et proposer le DVD du film à l’achat.

Quelques jours plus tard, on apprend que, suite à une erreur technique, le film peut être téléchargé par les internautes du monde entier. Pour le diffuser, ils ont placé eux-même le film sur BitTorrent en utilisant le serveur (tracker) de The Pirate Bay. Bourde ou incompétence ? Les restrictions géographiques ne s’appliquent pas dans le monde du p2p et le documentaire est donc finalement accessible à tous les internautes. Pourtant Westside Productions LLC, la société qui détient les droits du film ne compte pas en rester là. Le 25 septembre, ses avocats entrent en jeu. Mais se trompent de cible, rapporte TorrentFreak. Au lieu de s’adresser au site btjunkie qui référence le fameux fichier, ils envoient une plainte (« takedown request ») (pdf) pour violation de la DMCA, la loi d’auteur américaine, à easyDNS. Cette société canadienne est un service DNS, c’est à dire qu’elle gère les noms de domaines, dont celui de btjunkie.org. Pas grand chose à voir avec le p2p.

Mark Jeftovic, le président de easyDNS, n’en revient pas. Sur son blog, il a posté la lettre reçue et commente : « allez les gars, s’il vous plaît ne me dites pas que cela [la restriction géographique ndlr] est la base de votre plainte. N’importe qui, qui a la moitié d’un cerveau, sait que sur le net ça ne marche pas comme ça. » Il indique avoir répondu au cabinet : « nous ne sommes pas un service d’hébergement, juste un humble service DNS » tout en soulignant qu’au final c’est une « grande perte de temps » pour lui et sa société.

Westside Productions LLC retire finalement sa plainte contre easyDNS. « Mais ils m’ont soutenu que le problème venait du fait que le torrent est hébergé en dehors des Etats-Unis et du Canada, indique Mark Jefotvic. « Je leur ai répondu qu’ils devraient savoir qu’il est quasiment impossible d’imposer des contraintes géographiques sur des fichiers disponibles gratuitement, mais j’ai l’impression qu’ils veulent quand même essayer. »

Pour Davey Winder, il n’est pas pensable que Michael Moore lui-même ou des gens de son entourage proche ne savaient pas les conséquences d’utiliser The Pirate Bay. Une façon de se faire toujours plus de pub ? Selon lui, c’est plutôt un nouveau doigt adressé aux gens de la loi. « Je ne suis pas d’accord avec la législation rattachée au copyright. Je n’ai aucun problème avec les personnes téléchargeant le film et le mettant en partage », déclarait le réalisateur américain en 2004.


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