Sniff : La géolocalisation débarque sur Facebook
par Camille Gévaudan
tags : vie privée , réseau social , facebook , géolocalisation
CC inajeep
Sur Facebook, vos amis surveillaient déjà les sites que vous visitez et vos achats en ligne. Ils renifleront bientôt votre trace off-line à tout moment de la journée, grâce à l’application Sniff qui vient d’être lancée au Royaume-Uni. Le discours est rôdé : « Sniff répond à la question la plus posée dans le monde (“T’es où ?”) facilement et automatiquement, grâce aux téléphones portables. Entre amis de confiance, utilisez Sniff pour vous localiser, tout en contrôlant à qui vous donnez cette possibilité, et quand. » Useful Networks, développeur de l’application, promet le respect de la vie privée : le service (qui existe aussi hors Facebook par SMS) ne peut fonctionner qu’entre utilisateurs ayant donné leur accord mutuel, et une option activable sur Internet ou par SMS permet à tout moment de se rendre invisible à une personne ou à tout son répertoire. On peut également demander à être prévenu par message à chaque fois qu’un contact nous « sniffe ». Les quatre grands opérateurs de téléphonie mobile britannique (O2, Orange, T-Mobile et Vodafone) n’ont aucune réticence à proposer le service. Il faut dire que ce n’est pas tout à fait une nouveauté outre-Manche : la localisation de mobile existait déjà pour les employeurs suspicieux et les parents inquiets.
Comment ça marche ? La position du téléphone traqué est définie en mesurant le temps que met le signal de l’appareil pour atteindre une borne, selon sa puissance. Un calcul triangulaire recoupant les distances aux trois antennes-relais les plus proches permet de localiser le téléphone dans un rayon de 200 mètres en ville (ou jusqu’à 10 km dans les plaines d’Ecosse). Cette technique, similaire à celle qu’utilise la police, nécessite que le téléphone portable soit allumé et situé dans une zone couverte par les réseaux nationaux. Les premiers avis des membres Facebook sont loin d’être enthousiastes. « C’est l’usage le plus ridicule et inutile de la technologie qu’on puisse trouver, s’énerve Darren Seamark. Pourquoi ne pas simplement appeler la personne pour savoir où elle est, et pourquoi payer un sniff à 50 pence quand on peut envoyer un sms à 10 ou 12 pence (ou gratuit dans mon cas) ? Ca sera bien plus rapide. » D’autres crient à l’invasion de la vie privée ou mettent en garde contre les prétendus avertissements que Sniff enverrait à la personne traquée. Michelle Lowe affirme qu’elle a été surveillée à son insu par son petit ami : « Les messages que je recevais n’indiquaient pas que j’étais pistée, et je n’en ai rien su pendant un mois ! » Malgré le coût et le côté Big Brother, le système fonctionne déjà au Danemark et en Suède, où on compte 80 000 utilisateurs. L’application Facebook, quant à elle, ne compte pour l’instant qu’un millier d’utilisateurs actifs quotidiens. A ceux qui croient encore que le pistage par téléphone accessible au grand public relève de la science-fiction, restez sur vos gardes : l’application pourrait bientôt arriver en France.
Présentation de Sniff sur Facebook - DR
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