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mercredi 1er décembre 2010 15:11

  • cinéma

Songe d’une nuit d’E.T.

par Alexandre Hervaud

tag : science-fiction

Photo DR

Monsters de Gareth Edwards avec Whitney Able, Scoot McNairy… 1 h 33.

Un an après District 9, la science-fiction tendance récit post-invasion extraterrestre se trouve un nouveau modèle avec Monsters. Exit l’arrivée en fanfare de sales bêtes façon Guerre des mondes, le premier film de l’Anglais Gareth Edwards plante son histoire six ans après l’arrivée des aliens suite au crash d’une sonde de la Nasa en pleine jungle mexicaine. Quelques mois de propagation plus tard, tout un pan de l’Amérique du Sud se retrouve infecté et en quarantaine, avec des bestioles parquées dans de grandes zones bouclées et protégées par l’armée. C’est dans ce contexte tendu qu’Andrew (Scoot McNairy), un photographe américain en reportage au Mexique, est chargé par son patron de ramener sa fille Samantha (Whitney Able) saine et sauve aux Etats-Unis. Un vol de passeport oblige les deux ressortissants à rallier la frontière en clandestins, avec les moyens du bord fournis par des passeurs. Sans surprise, l’environnement pas franchement accueillant et la proximité de créatures diverses ne va guère faciliter l’entreprise.

 

On pourrait attendre de Monsters une enfilade de scènes d’action et autre étripage massif post-apocalyptique. Les fanas du genre sont prévenus : Monsters n’est pas le film pop-corn que son pitch pouvait laisser craindre (ou espérer, c’est selon), mais bel et bien un film romantique. Peut-être même, tenons-nous ici la plus belle love story vue en salles en 2010. Cet aspect mélodramatique, mais aucunement cucul, a déstabilisé plus d’un spectateur à la sortie américaine du film, vendu comme un nouveau Cloverfield. Sa réussite doit beaucoup à l’alchimie du couple : pas étonnant, sachant que McNairy et Able sont mari et femme à la ville.

Mais plus encore que son casting, le long métrage repose sur l’investissement personnel de son réalisateur, petit génie des effets spéciaux composés pour la plupart sur son ordinateur personnel. Bouclé pour moins de 500 000 dollars (380 000 euros) avec une équipe réduite, Monsters a été tourné en numérique, dans des conditions plus proches de J’irai dormir chez vous, la série documentaire d’Antoine de Maximy, que d’une production traditionnelle. Il faut voir ce making-of dans lequel Edwards filme, caméra à l’épaule, une scène au Mexique dans des lieux trouvés à la dernière minute, profitant parfois in extremis d’une lumière, d’un décor ou de figurants plus ou moins volontaires. Après le Rubber de Quentin Dupieux et son tournage tout aussi rock’n’roll et économe, Monsters confirme que budget frugal et grand spectacle sont compatibles.

Paru dans Libération du 01/12/2010


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