jeudi 14 janvier 2010 10:56
« Southland », LAPD a le blues
par Bruno Icher
tag : série
« Southland »
série d’Ann Bidermann sur Orange Ciné Choc
samedi à 20 h 40.
Compte tenu de la rapidité de péremption des séries américaines, plus personne ne sait très bien si l’expression « à l’ancienne », régulièrement employée par les fans du genre, fait référence aux vénérables ancêtres (NYPD Blue) ou à celles qui ont marqué les esprits plus récemment, mais qui ont fait leur temps (The Shield). Les deux exemples choisis ci-dessus ne l’ont pas été au hasard pour évoquer Southland, lancée l’an dernier sur NBC. Il s’agit d’un police procedural, immersion dans le quotidien mouvementé et anxiogène d’un commissariat, ici de Los Angeles, à travers la perception de plusieurs personnages au gré de leur caractère et de leurs humeurs. Evidemment, sur le papier, l’affaire semble avoir été exploitée jusqu’à la trame, mais, grâce à l’usage presque chaotique de la caméra embarquée et le parti pris de ne tourner quasiment qu’en extérieur, Southland trouve immédiatement un rythme séduisant qui s’apparente souvent à celui d’un documentaire. C’est donc à la fois sur le canevas d’un NYPD Blue, série pour laquelle Ann Biderman, la créatrice de Southland, a commencé sa carrière, mais aussi sur le climat omniprésent de violence d’un Shield qu’est bâtie cette série. Avec, en guise de compagnon de route, la certitude que tout, systématiquement, se finira mal. Pour faire connaissance avec les personnages principaux, le premier épisode de cette saison (qui en compte sept) précipite le spectateur dans le sillage d’un bleu tout juste sorti de l’école de police. Le jeune Ben (Benjamin McKenzie) est sous la tutelle de John (Michael Cudlitz), un dur à cuire qui connaît toutes les ficelles. Des trottoirs surpeuplés d’Hollywood aux ruelles sordides de South Central, le crime possède toujours une longueur d’avance sur ces deux gars qui s’acquittent de ce qui peut paraître comme le pire métier du monde, mais qui leur fournit leur dose quotidienne d’adrénaline. Et la nôtre au passage. Paru dans Libération du 13 janvier 2010
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