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jeudi 9 août 2007 10:39

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Spock, un nouveau moteur pointe ses oreilles

Après avoir créé le buzz depuis octobre, le site américain, qui vise à mettre la population en fiches, a ouvert hier. Et été pris d’assaut.

par Sébastien Delahaye

tags : moteurs de recherche , site , vie privée , réseau social , Google , éthique , Myspace , facebook

Une page de Spock. DR

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Explosion de l’utilisation des réseaux sociaux.

Le nouveau moteur de recherche à la mode s’appelle Spock, et il se veut bien différent du géant Google. Ouvert au public depuis hier, Spock, qui malgré son nom, ne cultive aucun rapport avec l’extraterrestre aux oreilles pointues de la série Star Trek, a pour unique ­finalité la recherche de personnes. Concrètement, le site regroupe des données personnelles sur les internautes, en s’appuyant sur les contenus mis en ligne sur les réseaux sociaux comme Myspace et Facebook, très prisés par les adolescents et les étudiants.

Ainsi, Spock revendique déjà 100 millions de profils de personnes (principalement américaines), et affirme en préparer 300 millions de plus. Pour se faciliter le travail, et pour rendre son outil plus attractif, l’entreprise californienne a commencé par ajouter les profils de personnalités anglophones : acteurs (Keira Knightley, Mel Gibson, Eddie Murphy), hommes politiques (Gordon Brown, George W. Bush, Barack Obama), starlettes (l’inévitable Paris Hilton) et intellectuels (Noam Chomsky) sont mis en valeur.

Toutefois, à terme, l’objectif poursuivi par Spock est d’être principalement alimenté par les internautes eux-mêmes. Le site encourage chacun à se créer un compte, à livrer ses propres informations et à ajouter des données sur les personnes de sa connaissance. Un travail fastidieux, qui offre surtout la possibilité de se transformer en faussaire puisqu’on peut réécrire son autobiographie. Personne n’ira vérifier que vous mentez par omission.

Mais quel intérêt à tout ça ? Spock fait son apparition au moment où les identités virtuelles des internautes se multiplient. Avec l’augmentation du nombre de sites communautaires, les internautes possèdent des pages personnelles un peu partout sur le Web. On compte ses « amis » virtuels sur Myspace, on se crée un réseau sur Facebook, on raconte sa vie sur Twitter et on met sa musique en ligne sur Last.fm… Sans parler des blogs. Spock vise donc à rassembler toutes ces identités sur une seule page, afin de simplifier la gestion de sa vie virtuelle.

Derrière cet objectif bien gentil, on ne trouve hélas pas que des avantages : toute information personnelle mise en ligne par un internaute est ainsi susceptible de se retrouver dans Spock, volontairement ou pas. Sans oublier que n’importe qui peut ajouter ce qu’il veut, sans vérification, sur le profil de n’importe quel internaute dans Spock. A terme, le site, qui ne semble guère s’embarrasser d’éthique, envisage de rajouter des publicités sur ses pages afin de financer son service. Les informations personnelles glanées pourraient alors être utilisées, comme c’est le cas chez Google, pour remplir les pages de pub très ciblées. En fournissant des pages remplies de détails, Spock espère attirer des annonceurs qui pourront choisir avec exactitude les cibles chez qui s’afficheront leurs publicités.

Spock n’est toutefois pas seul sur ce secteur. Des sites comme ZoomInfo.com et surtout Wink.com font le même travail depuis des années, et le font même mieux. Wink annonce par exemple posséder déjà des données sur 200 millions de personnes. Mais Spock a surtout réussi un joli coup de buzz. Présenté pour la première fois en octobre dernier, le service s’est ensuite fait volontairement discret, tout en laissant certains internautes y accéder via un processus de marketing viral qui a touché 100 000 personnes. En avril, les créateurs de Spock ont montré leur site à une partie de la presse américaine… et à quelques blogueurs très influents, comme Michael Arrington de TechCrunch ou l’éditeur de livres informatiques Tim O’Reilly. Lesquels se sont empressés de faire la promotion du site. Pour son lancement, Spock s’est même vu offrir un mini-scandale par Time Magazine, offusqué de voir tant d’informations personnelles regroupées. Résultat, Spock, dépassé par son succès, était inaccessible durant une grande partie de la journée hier.


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