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Première et très arbitraire sélection de sites proposant légalement des films sur le web.
par Marie Lechner, Olivier Séguret
tags : pratique , vidéo , cinéphilie , site
Première et très arbitraire sélection de sites proposant légalement des films sur le web.
En France, Ralamax propose des films libres, comme 3263, en téléchargement légal et gratuit. En Angleterre, le projet A Swarm of Angels pousse l’ambition et la participation un poil plus loin. Les internautes participants investissent dans le film (à hauteur de 37 euros) et sont également invités à participer tout au long du processus de création. L’objectif : réussir à faire un film collaboratif à gros budget (1,8 million d’euros).
Hier, un nouveau venu était à l’affiche : Flash Gordon and The Brain machine (photo). Miam, miam !
Autofinancement
Internet n’est pas seulement un moyen de diffusion pour les films indépendants, mais également un moyen de les financer. Route 66 (photo), un road trip réalisé en 2004 par Vebfilm, des Allemands de Leipzig, a été autofinancé grâce aux donations des internautes. Un film open source, téléchargé un million de fois, diffusé sous licence Creative Commons – qui autorise la copie, la modification et même l’exploitation commerciale.Chronique indé
Le site Atarencontre est typique de la nouvelle donne permise par la vidéo à la demande. Le jeune cinéaste du Nord Abdé Kéta y a mis en ligne le film intégralement indépendant qu’il a tourné hors de toute subvention : A ta rencontre (un autre regard sur la Cité) (photo), prometteuse chronique, tournée en vidéo haute définition, sur les ambitions de deux amis qui se retrouvent des années après le collège. Le prix est au choix (gratos ou 2 euros) et l’exposition ainsi permise maximale.Le panthéon des nanars
Elégant, limpide et d’un confort d’utilisation à peu près sans faille (dans les limites d’un visionnage en streaming), le site Bmovies est le petit panthéon des sous-genres industriels dont le cinéma américain n’a jamais été avare. Quatre thèmes majeurs déterminent son identité particulière : l’épouvante, le kung-fu, la science-fiction et le western de catégorie Z. Pas d’inscription, ni de mot de passe, ni d’abonnement, ni même d’argent. Les centaines de films de série B, « abandonnés dans les dépotoirs du cinéma perdu » (comme le dit joliment la réclame du site) et disponibles ici le sont gratuitement.Le muet perdu
Le site 7 Highlight Street cache pas mal de trésors, et notamment la collection « le Secret perdu », baptisée selon la formule de François Truffaut, qui désignait ainsi la période héroïque du cinéma français muet, des origines jusqu’à la Première Guerre mondiale. Cette collection alimentée par le catalogue de Jérôme Diamant-Berger vient d’être inaugurée avec les films de son fameux grand-père, cinéaste et producteur, Henri Diamant-Berger : l’incroyable fresque des Trois Mousquetaires en 14 épisodes (photo) est disponible dans sa totalité. On y trouve de nombreux incunables, depuis Paris qui dort, de René Clair (1925), jusqu’aux premiers films de Maurice Chevalier.A l’avant-garde
Ubuweb archive des trésors sonores depuis 1996 et met librement à disposition une impressionnante collection de films d’avant-garde, de vidéos d’artistes, des perles de l’animation (photo), des ovnis de l’underground américain, les films politiques du Groupe Medvedkine, les poèmes animaliers de Painlevé ou les documentaires de Jean Rouch. Tout est en libre téléchargement, pour usage éducatif et non commercial. Ubuweb « met en ligne la plupart des contenus sans aucune autorisation », en général des œuvres épuisées, non rééditées, ou des documents obscurs et difficiles à trouver. Le site est devenu source de référence dans les domaines des arts visuels et de la poésie sonore et concrète.Portraits en cinématon
Depuis trente ans, Gérard Courant a entrepris une œuvre délirante et monumentale : le Cinématon, qui consiste en une infinité de portraits en Super 8 muet. Plus de 2 000 bobines ont intégré le corpus, toujours ouvert (le dernier comptage recensait 2 194 épisodes de quatre minutes, soit plus de cent cinquante heures de film). Rarement projetés, ces documents trouvent avec Internet une plateforme idéale, la recherche par entrées (Godard : n° 106, Pedro Costa : n° 2 146…) favorisant la navigation par affinités. Parmi les derniers mis en ligne : un très beau Pialat (n° 236, photo) datant de juillet 1982.
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