samedi 13 septembre 2008 08:50
« Sunshine Cleaning », c’est du propre
Deauville. Retour du producteur de « Little Miss Sunshine ».
par Gérard Lefort
tag : festival
DR
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Quand le producteur du populaire Little Miss Sunshine a annoncé, sur la scène du festival de Deauville, le titre de son nouveau film, Sunshine Cleaning, réalisé par Christine Jeffs, le ronronnement de plaisir était à son comble. Ce cousinage appuyé (augmenté par la présence au générique d’Alan Arkin, déjà de service dans Little Miss Sunshine) semble suggérer que ce type de production court après l’effet de série qui fait les beaux soirs des feuilletons télé à succès. Pourtant, d’un Sunshine à l’autre, rien de commun, sinon une manière désaxée de concevoir la comédie. Rose et Norah sont deux frangines d’Albuquerque, perdues dans des boulots de seconde zone. Rose est femme de ménage, Norah serveuse dans un fast-food. Le première est mère célibataire d’un petit garçon, la seconde vit toujours chez son père, farfelu en quête du coup de fric (entre deal de crevettes surgelées et recel de pop corn bio). La vie des deux femmes bascule du jour où elles montent un petit commerce « en expansion » : le nettoyage de scènes de crimes, et autres suicides avec « perte de fluides organiques » - démarque involontaire, espérons-le, du thriller récentsur ce thème, Cleaner (avec Samuel Jackson dans le rôle du balai O’Cedar)… En attendant, voila les deux ménagères patronnes de la société Sunshine Cleaning, et en effet très demandées. Ce qui vaut quelques moments de bel humour macabre, quand l’hémoglobine résiste sur le papier peint ou qu’un doigt coupé est retrouvé dans l’évier. Rose, la blonde, étant « raisonnable » et Nora, la brune, gaffeuse, comme de surcroit, sur fond de trauma (le suicide de leur mère), elles vivent mal l’évanescence de leurs amants respectifs, on songe souvent aux riches heures de Thelma et Louise. La conclusion en moins. Ce qui aurait pu virer bénéfiquement, au point de vue acide, se dénoue dans un happy-end pour le coup un poil trop clean. Paru dans Libération du 13/09/2008
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