Ecrans, un site de Libération.fr

Dixit

Je rejette le terme “piratage”. Ce sont des gens qui écoutent de la musique et la partagent avec d’autres personnes.

Steve Albini, pilier du rock indépendant américain depuis 1982

  • Home
  • Internet
  • Télévision
  • Cinéma
  • Dvd
  • Jeux
  • Téléphone
  • Forums
  • Rss

mercredi 22 février 2012 19:15

  • internet

Tunisie : Le porno en ligne ne sera pas filtré (pour l’instant)

tags : justice , censure , Tunisie , porno

Photo Brandon Schauer, CC BY SA

La justice tunisienne a cassé mercredi un jugement ordonnant la censure des sites pornographiques sur internet, suscitant le « soulagement » de journalistes, d’internautes et d’ONG dans un contexte particulièrement tendu pour la presse tunisienne. La Cour de Cassation a renvoyé l’affaire, qui sera rejugée en appel d’ici « deux à trois mois ».

La décision de la justice était particulièrement attendue dans ce dossier potentiellement lourd de conséquences pour la toile tunisienne, qui jouit d’une liberté quasi totale depuis la chute de Ben Ali. À deux reprises, en mai et août, la justice a ordonné à l’Agence tunisienne de l’internet (ATI) de censurer les sites pornos, après la plainte de trois avocats faisant valoir leur dangerosité pour la jeunesse et leur contenu « contraire aux valeurs musulmanes ».

L’ATI, société anonyme dont le principal actionnaire est l’Etat, était sous Ben Ali l’instrument de contrôle de l’internet. Elle refuse aujourd’hui de réendosser ce rôle et plaide pour sa « neutralité ». Son PDG Moez Chakchouk, nommé après la révolution, met aussi en avant des arguments économiques et financiers pour refuser la reprise du filtrage d’internet.

La décision de la Cour de Cassation, dont les motivations seront connues dans quelques jours, a donc été un « soulagement » pour l’avocat de l’ATI, Kais Berrjab, même si l’affaire n’est pas terminée : « Bien sûr on attend l’issue finale puisqu’il y aura un nouveau procès, mais en attendant le principe demeure la liberté d’expression et d’accès aux contenus. C’est peut-être une décision historique. »

« C’est plutôt une bonne nouvelle », a également réagi Olivia Gré, la représentante de Reporters sans frontières (RSF), dont l’organisation avait alerté sur les risques de « retour en arrière » si le filtrage d’internet était rétabli en Tunisie. « Un coin de ciel bleu dans un ciel très nuageux », a commenté pour sa part le journaliste et blogueur Sofiane Bel Haj, en rappelant les affaires qui s’accumulent ces derniers temps et illustrent la tension entre presse et pouvoir, médias et justice.

Cette décision à propos des sites pornos intervient, hasard du calendrier, la veille du procès du directeur du quotidien Ettounssia Nasreddine Ben Saïda, incarcéré depuis le 15 février pour avoir publié en une une photo de nu. Avec l’affaire Nessma, une télévision poursuivie en justice pour avoir diffusé un film jugé blasphématoire, le dossier d’Ettounsia fait grand bruit en Tunisie.

Les organisations de défense des droits de l’Homme et de la liberté de la presse s’inquiètent de l’irruption de la morale dans le champ public et de la criminalisation de délits de presse (le directeur d’Ettounsia a été arrêté sur la base d’un article du code pénal et non du code de la presse).

Certains voient également une tentative du pouvoir, dominé par les islamistes d’Ennahda, de museler la presse et de revenir aux vieilles méthodes. Ils citent à l’appui de leur thèse une série de nominations ou tentatives de nominations par le pouvoir dans les medias publics.

 

(AFP)

 

A lire également :

Le X exfiltré du Web tunisien ?


Il y a 0 réaction à cet article.

Lire les réactions.
Réagir à cet article.

Partager cet article

Partager Tweet


Twitter Ecrans Facebook Ecrans

Sur les mêmes thèmes:

justice - Facebook, une entrée en bourse « préparée avec négligence » ?

censure - Censure : Twitter n’est pas prophète au Pakistan

Tunisie - Stallman et le « libre », champions de Tunis

porno - Cybersécurité : « Les sites religieux sont trois fois plus dangereux que les sites porno »

article précédent
La pétition « Sauvons la vie privée ! » s’oppose au fichage informatique
article suivant
A Beaubourg, on ne résiste pas à l’appel du Manga


 

Loading

Outils

  • imprimer
  • réactions (0)
  • Tweet
  • Partager

Actualit

  • Lekiosque.fr se presse à l’étranger
  • Pierre Lescure, des intérêts en question
  • Angry Birds prend son envol social
  • Pas de « Silence on joue » cette semaine
  • [Vidéo] Ecrans.fr, le podcast citoyen

Lib.fr

  • Concerts de casseroles au Québec contre la «loi matraque»
  • François Hollande en visite surprise en Afghanistan
  • Un homme arrêté pour le meurtre d'un enfant disparu en 1979
  • Des sénateurs américains veulent frapper le Pakistan au porte-monnaie
  • La projection du film de Dieudonné annulée à Cannes
publicité

Inutile donc inutile

img75
Un coup de Moog

Jouer du Daft Punk avec le doodle Moog de Google ? Yes he can.


Chronophage

Wake up the Box 4

On ne se contente plus d’assembler les pièces de bois à notre disposition pour construire une machine à réveiller la boîte. Il faut désormais les dessiner soi-même.


Ecouter / Voir

img75
Un clip dans ses petits papiers

« Østersøen » fera moins consensus sur son style musical que ses charmants décors en papier et carton.


Hum, bizarre...

img75
Dans le secret des lieux

L’un des gouvernements les plus zélés sur Google Earth est celui des Pays-Bas, qui a recouvert d’esthétiques polygones des centaines de sites stratégiques (palais royaux, dépôts de fuel, bases militaires...)


Vidéo box

img75
Meilleurs souvenirs du net

Marco Cadioli se livre à des dérives existentielles autour du globe avec Google Earth.


Vendredi, à poils !

img75
« Ce glandeur de phoque du Groenland n’a pas de boulot »




accueil | internet | télévision | cinéma | DVD | jeux | téléphone
contacts | licence | mentions légales | données personnelles | charte d’édition
engine SPIP | powered by carburant
© Libération- un site de Libération Network - 2006 - 2008