jeudi 24 mai 2007 07:06
TF1 déclenche un Solly scandale
par Isabelle Roberts, Raphaël Garrigos
Dans le tollé soulevé par la nomination de Laurent Solly, l’ex-directeur adjoint de campagne de Nicolas Sarkozy (Ecrans, 23/05/2007), à la direction de TF1, le PS a fini par réagir, avec un peu de retard, après le PCF, qui dénonçait mardi « une présidence au fort relent berlusconien ». C’est François Hollande qui s’y est collé : « Nous avons des exemples multiples où les amis de M. Sarkozy, le groupe Lagardère, le groupe Bouygues [...], sont en espèce de connivence, et je crois que ce n’est pas bon d’avoir cette relation consanguine entre le pouvoir politique et le pouvoir médiatique. » Pour le premier secrétaire du PS, « si l’on veut éviter les procès d’intention, il faudrait qu’il y ait des règles qui soient posées, notamment par la loi. » Dans ce concert, un absent de taille : François Bayrou. Le parachutage d’un très proche collaborateur du Président tout en haut d’une télé privée détenue par Martin Bouygues, le meilleur ami du chef de l’Etat, c’est pourtant du nanan pour Bayrou, qui a fait campagne sur le thème de la collusion politico-médiatique. Du côté des syndicats, le SNJ juge « extrêmement choquante » la nomination de Solly à TF1, tandis que le SNJ-CGT estime qu’elle va « accroître les soupçons de mise au pas de l’information dans une chaîne déjà largement suspecte d’avoir fait la promotion du candidat de la droite ultralibérale ». La CFDT redoute une « nouvelle ère étouffante pour l’information », citant aussi le recrutement de journalistes à l’Elysée et à Matignon. Dans ce climat électrique autour de TF1, toute ébauche de nouvelle nomination fait illico des étincelles. Selon nos informations, lundi, le nouveau patron de TF1, Nonce Paolini, a reçu Nicolas Beytout, patron du Figaro . Pourquoi ? Paolini songerait à remplacer son actuel directeur de l’information, Robert Namias, sur la sellette depuis des mois pour cause d’incompatibilité sarkozyste (c’est un chiraquien pur jus). Levée de bouclier immédiate de la hiérarchie de la rédaction : « Beytout, ça voulait dire réorganisation, ça mettait en cause tout leur système », note un cadre. Du coup, pour l’heure, l’hypothèse Beytout semble enterrée. Définitivement ? « En tout cas, souligne notre interlocuteur, Namias est de bien meilleure humeur. » A lire également sur Ecrans :
- Laurent Solly muté par son ami Sarkozy à TF1 (23/05/2007)
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