lundi 7 avril 2008 16:36
Téléphonie : Brouillage sur les fréquences de la 3G
tags : politique , économie , FAI
CC Max (Tj)
La quatrième licence mobile est-elle enterrée ? A Bercy, on jure le contraire, après l’annonce fracassante du quotidien La Tribune titrant ce matin « l’Etat renonce à la quatrième licence ». Plusieurs scénarios sont toujours à l’étude, dit-on à Bercy : « Pour nous, le sujet n’a pas bougé depuis longtemps et rien n’a été arbitré ». Et Free, de son côté, garde son optimisme — « le processus est en train de s’enclencher »—, et réaffirme son envie de 3G. N’empêche, le chemin semble bien tortueux vers l’irruption en France d’un quatrième acteur puissant, venant déranger le trio en place, Orange, Bouygues Telecom et SFR. D’abord parce que le scénario d’un découpage des fréquences, étudié depuis plusieurs semaines, et prélude à une quatrième licence au rabais, est toujours sur la planche. Le régulateur des télécoms a gardé au chaud, un volume confortable de fréquences (15 Mhz) dans la bande dédiée à l’internet sur le mobile (bande des 2100 GHz), et ce dans l’attente d’une candidature pour les exploiter, mais l’intégralité du spectre pourrait ne pas aller au quatrième entrant. Mieux, cela se ferait même avec la bénédiction de Free. « On n’a pas forcément besoin de tout le spectre au démarrage », dit-on chez l’opérateur. Ce qui lui importe, en revanche, c’est de se retrouver avec un coût à la minute au même niveau que ses concurrents. D’où sa focalisation sur une autre bande de fréquence (les 900 Mhz), beaucoup plus performante, et qui lui permettrait de lancer très vite des offres low-cost, sans entamer sa rentabilité. Du coup les fréquences en excédent pour la 3G se retrouveraient vendues aux enchères. Et la perspective d’une concurrence frontale d’un 4ème entrant s’éloigne à grand pas. Pas question toutefois que les trois opérateurs mobiles relâchent leur vigilance. Commentaire d’un observateur qui connaît par coeur le secteur : « Free leur fiche la trouille. S’il se lance dans le mobile, ce ne sera pas tout à fait un nouvel entrant . Il a déjà un socle de 3 millions d’abonnés ». Et d’imaginer un Free, racolant ses propres clients en leur proposant un forfait mobile illimité bon marché, en sus de leur abonnement Internet, le tout pour 60 euros par mois. Et de conclure : « c’est pour cela qu’ils ont peur ». D’où des offensives multiples des opérateurs mobiles à tous endroits où ils peuvent exercer leur influence. Jusqu’à ces bancs des députés, où on est allé, dit-on, leur susurrer que s’ils voulaient qu’on irrigue en haut débit mobile leurs campagnes, ce serait mieux de ne pas les bousculer en faisant entrer un nouvel acteur. Si le terrain d’influence se déplace ainsi vers les parlementaires, ce n’est pas un hasard. La gouvernement a promis aux députés qu’il n’y aurait pas de décision sur la quatrième licence de téléphonie mobile, sans un débat parlementaire. Mais aucune date n’a encore été fixée.
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