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mercredi 3 juin 2009 17:35

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« Terminator » et à travers

Scénario et casting confus pour le quatrième opus.

par Bayon

tags : science-fiction , fantastique , robotique

Hey McG, t’as pas sans Bale ? - DR

Terminator Renaissance de McG avec Christian Bale, Sam Worthington, Helena Bonham Carter… 1 h 48.

En 2018, l’humanité touche à sa fin (plus que neuf ans…). L’Iran, Pyong Gang, Israël  ? Non, Skynet (1), comme on appelle l’ordre nouveau cybernétique mondial. Tout n’est plus que ruines, déserts urbains hérissés de carcasses automobiles, immeubles implosés, échangeurs d’autoroutes en miettes, comme d’habitude – voir épisodes précédents  : Je suis une légende, le Jour où la Terre s’arrêta, le Jour d’après, Prédictions, la Guerre des mondes, Deep Impact, Artificial Intelligence, Water­world, Alien… Dans ce cadre apocalyptique, une nation robotique, futur d’animaux-machines idéalement standards, tend à remplacer notre engeance autogénocidée, pour le plus grand profit commun paraît-il. Sauf que tout n’est pas si dit. Une résistance rampante contrarie cahin caha cette planification déshumanisante. Souterraine, rendue au dernier stade reptilien, décimée mais acharnée, la rébellion contre le totalitarisme bionique presque accompli a ses réseaux, son haut commandement, régi par un partisanissime (premier cercle dont le QG est un sous-marin intraçable), sans compter ses armées, ses généraux – dont le mythique John Connor.

Connor est a priori notre homme, notre raison d’être là, joué par Christian Bale. Star en dehors s’il en est, Bale est cet acteur extrême, vu tour à tour en Machiniste d’art et essai (cadavérisant sur pied dans un gourbi espagnol solarisé), Batman magnétique, ripou de ligne frontière dans Bad Times, soldat perdu du Vietnam fantôme, American Psycho, 3 h 10 pour Yuma avec Russell Crowe ou Agent secret avec Patricia Arquette nue  ; de lui, on peut s’attendre à tout. Ici, il paraît vite que ce tout ne sera rien  ; que Connor Bale, en GI de l’enfer interchangeable d’après le profil, ne présente(ra) aucun intérêt. C’est-à-dire que Cruise, Quaid, Norton ou Cage produiraient le même effet. Du reste, Bale ne devait pas jouer Connor, mais le rôle-titre initial  : Marcus.

DR

Partant de ce handicap d’un Bale vedette neutralisé, Terminator Renaissance se révèle une autodestruction quasi instantanée – du thème de Cameron ici réduit en carambouille scénaristique sans queue ni tête, brassant électronique incontrôlée (par les scénaristes comme les forces en présence), pyrotechnie, maquettes explosives, nazis en solde et dialogues nazes, casting à l’avenant.

Les premiers rôles brouillés, les comparses se montrent poussifs sinon pénibles  : le Jean Moulin du lot, Nicholson bigle, est embêtant  ; l’amante du héros 1, Connor, fait pièce rapportée  ; celle du héros 2 ne vaut guère mieux… quoique.

L’inintérêt azimuté comme ­inhérent à ce Terminator Renaissance, de Joseph McGinty Nichol, alias McG (Charlie’s Angels), script disloqué par Bale, notoirement agité et violent sur le tournage, trouve une ­diversion, à mi-course, avec le héros bis, Marcus Wright (que devait donc d’abord investir Bale).

Marcus, alias Sam Worthington, noté dans Solitaire, hybride d’Armstrong et Schwarzenegger (qui fait une apparition gag dans un hangar SS), conclut une lignée de robots de plus en plus humains mais inhumains, type 1, 2, 10, étalon-or faustien de la biogénétique. C’est à ce titre de démarque-hommage du Cyborg de Van Damme 1989, que le personnage de Marcus nous touche vaguement, pour changer.

Soit l’éternel retour du Lorenzaccio de l’au-delà. Quand il dit  : « La mort, je connais… » cela pince le cœur. Il dit aussi  : « Je ne suis pas un type bien », sur le ton requis, à l’officière dorée qu’il vient de sauver d’un viol collectif post-atomique (en gniaquant plaisamment au passage une escouade de malotrus évadés de Mad Max). On l’a compris, Marcus Wright est un revenant.

Mort il y a longtemps déjà, de la peine capitale, il a été mesmérisé à chaud en créature frankensteinienne terminatorride. Son bon fond foutu, voilé de mélancolie toute gothique (« Nevermore »),le dispute à l’atroce programmation post mortem prénatale de ses bio-neurones à l’Armageddon vivant de notre civilisation.

La démiurge rase de ce Kaspar Hauser du néonéant est Helena Bonham Carter, périe du cancer avant réalisation de son plan maléfique, un peu lassante d’insanité scientiste elle aussi.

Dans le Terminator en vue, Bale Connor doit traverser le temps avec armes et bagages afin de remettre en ordre tout cela. Bref, pas mal mais presque.

(1) Actuellement, un portail belge.

Paru dans Libération du 3 juin 2009


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