Ecrans, un site de Libération.fr

Dixit

Je rejette le terme “piratage”. Ce sont des gens qui écoutent de la musique et la partagent avec d’autres personnes.

Steve Albini, pilier du rock indépendant américain depuis 1982

  • Home
  • Internet
  • Télévision
  • Cinéma
  • Dvd
  • Jeux
  • Téléphone
  • Forums
  • Rss

jeudi 1er avril 2010 15:39

  • cinéma

« Tête de turc », Pascal Elbé label série B

par Bayon

tag : polar

DR

Tête de Turc de (et avec) Pascal Elbé et aussi Roschdy Zem, Ronit Elkabetz, Samir Makhlouf… 1 h 27.

Tête de Turc est une tragédie antique arménienne en milieu zonard franchouille : unité d’action, de banlieue, de temps, la mise en place sérieuse introduit sans tortiller les pièces de la machinerie. Dont le déclic claque d’emblée, enflammant les passions. Ce nœud du drame serré, en pacte infernal entre un médecin de quartier sensible et un jeune homme idem, tête de Turc contre bouc émissaire, toute la suite en engrenage tient à cette maldonne fatale.

Aux acteurs aussi. A commencer par Roschdy Zem (flic) et Samir Makhlouf (« jeune »), pour finir par la vibrante Ronit Elkabetz (mère), gifleuse tragédienne familière, le minot même (Moussa Maaskri), le flirt exquis (Leo Elbe - fille de ?), sans oublier Pascal Elbé - faisant à peine son chien battu rituel, mais essentiellement au profit de sa casquette neuve de cinéaste-scénariste, maître d’œuvre du projet, ethnopolar ambitieux et simple à la fois.

Servie par son casting, la mécanique tourne bien, emballée ; le tournage déplaçant les points de vue pour plus de recul, de champ social, en « Portrait de l’artiste » incendiaire, « avec groupe » urbain invivable d’époque - sans dérapages idéologiques ni pittoresque verlan. Les flics ne se conduisent pas mal. Ni les gens. A cet égard, Tête de Turc serait un anti-la Haine.

La racaille même, cette garde rouge d’une révolution culturelle nihiliste souterraine, a ici ses nuances, ses forums, esquissés autour des conséquences d’une « tuerie » pour passer le temps et les nerfs. Au dîner en famille, en tête à tête sur le toit, à la dérobée, fâcherie, menaces, cogne, « plexiglass défoncé », réflexion…

DR

Sur ce registre du débat de conscience, le film, petit Misérables « téci », 1993 revu « 9-3 », tourne naturellement hugolien : Gavroche en sacs-poubelle à capuche, communards de terrains vagues autoroutiers, Thénardier de barre, Javert vengeur pardonneur… Ne manque que Valjean, mais pas la « tempête sous un crâne » du héros, médaillé d’honneur pour le meilleur et le pire… Ce Juste civique de la scène primitive, bon ange de la désolation disant « Je ne sais pas… » est une trouvaille du script.

Une surdité inaperçue enrichit son type au renfermé pathétique, comme l’enfant mort arménien complique de secret de famille le martyre comateux. Comme pour souligner le silence intérieur assourdissant de l’adolescence trouble, tiraillée entre bien et mal, fatalisme et instinct de vie…

Cadet taulard du fleuron d’Un prophète, le novice Samir Makhlouf n’a peut-être rien à lui envier, Shia LaBeouf local croisé d’Andrew Garfield Boy A.

Le happy end, digne de ceux des Blanc comme neige ou Sans laisser de traces saisonniers (le deus ex machina de la tragédie), est plus discutable ; le mérite d’ensemble du coup d’essai ne l’est pas.

Paru dans Libération du 31/03/2010

Bande annonce


Il y a 17 réactions à cet article.

Lire les réactions.
Réagir à cet article.

Partager cet article

Partager Tweet


Twitter Ecrans Facebook Ecrans

Sur les mêmes thèmes:

polar - La Cinémathèque ne perd pas le noir

article précédent
Gallimard rejoint le front anti-Google
article suivant
Traduire les porcs, les ânes, les poules avec Google


 

Loading

Outils

  • imprimer
  • réactions (17)
  • Tweet
  • Partager

Actualit

  • Lekiosque.fr se presse à l’étranger
  • Pierre Lescure, des intérêts en question
  • Angry Birds prend son envol social
  • Pas de « Silence on joue » cette semaine
  • [Vidéo] Ecrans.fr, le podcast citoyen

Lib.fr

  • Concerts de casseroles au Québec contre la «loi matraque»
  • François Hollande en visite surprise en Afghanistan
  • Un homme arrêté pour le meurtre d'un enfant disparu en 1979
  • Des sénateurs américains veulent frapper le Pakistan au porte-monnaie
  • La projection du film de Dieudonné annulée à Cannes
publicité

Inutile donc inutile

img75
Un coup de Moog

Jouer du Daft Punk avec le doodle Moog de Google ? Yes he can.


Chronophage

Wake up the Box 4

On ne se contente plus d’assembler les pièces de bois à notre disposition pour construire une machine à réveiller la boîte. Il faut désormais les dessiner soi-même.


Ecouter / Voir

img75
Un clip dans ses petits papiers

« Østersøen » fera moins consensus sur son style musical que ses charmants décors en papier et carton.


Hum, bizarre...

img75
Dans le secret des lieux

L’un des gouvernements les plus zélés sur Google Earth est celui des Pays-Bas, qui a recouvert d’esthétiques polygones des centaines de sites stratégiques (palais royaux, dépôts de fuel, bases militaires...)


Vidéo box

img75
Meilleurs souvenirs du net

Marco Cadioli se livre à des dérives existentielles autour du globe avec Google Earth.


Vendredi, à poils !

img75
« Ce glandeur de phoque du Groenland n’a pas de boulot »




accueil | internet | télévision | cinéma | DVD | jeux | téléphone
contacts | licence | mentions légales | données personnelles | charte d’édition
engine SPIP | powered by carburant
© Libération- un site de Libération Network - 2006 - 2008