Têtes de séries
par Bruno Icher
tag : série
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La vie d’un téléchargeur pirate fan de séries américaines n’est pas de tout repos. Depuis septembre, entre les nouveautés en rafale et les indispensables suites de succès des années passées, le pirate doit s’infliger des cadences infernales s’il veut continuer à frimer en société. Heureusement, entre fin décembre et la seconde quinzaine de janvier, la sempiternelle pause hivernale des grands networks laisse l’Amérique se gaver tranquillement des phases finales de la saison de football américain, avant de repartir de plus belle. Un répit de bon aloi pour tout le monde, y compris pour notre pirate surmené qui a pu laisser refroidir son disque dur et ses globes oculaires. Juste avant que la trêve ne touche à sa fin, et comme toutes ces belles choses finissent tôt ou tard sur nos écrans, un petit tour d’horizon s’impose pour mesurer ce qui attend les téléspectateurs français dans les mois à venir. A commencer par les suites de séries devenues célèbres en France. Suivie de la petite dernière Weeds, diffusée depuis septembre. Le programme est chargé ? Attendez de jeter un œil aux nouveautés : Studio 60 on the Sunset Strip, Jericho, Heroes ou Dexter. Honneur aux dames avec nos Housewives plus Desperate que jamais, reparties pour un tour en troisième saison. Pour l’instant, une dizaine d’épisodes de bonne facture, bourrés de mesquineries réjouissantes et de suspense, ont séduit les téléspectateurs d’ABC. La tendance de cette année semble verser un peu plus encore dans l’amertume, mais la plupart des acquis restent solides : Susan est définitivement une cruche, Bree une poissarde, Lynett une vraie chieuse et Gaby une petite chose plus fragile qu’elle ne le pense. On n’est pas beaucoup plus avancé, mais ce serait cruel d’en dire davantage. Juste une recommandation en cas de début de lassitude : tenir le coup impérativement jusqu’à l’exceptionnel épisode 7 au cours duquel une prise d’otages s’achève dans un grand moment de sidération. Accessoirement, on pourra apprécier à la construction à la Rashomon (ou Reservoir Dogs ou Boomtown) de cet épisode, avec une narration éclatée selon les points de vue des différents protagonistes. Rien de particulièrement surprenant pour la deuxième saison de Prison Break pendant laquelle nos petits amis poursuivent leur carapate et leur chasse au trésor (et si vous n’avez pas regardé la première saison, tant pis). A l’usage, on se rend compte que le beau Michael Scofield, alias Wentworth Miller, est au moins aussi efficace dans l’improvisation que dans la préparation d’une évasion. On s’en doutait mais ça change un peu du huis-clos de la première saison. La trouvaille de l’année, c’est l’agent du FBI Mahone (William Fichtner), brave type mais qui, professionnellement, se transforme en pitbul. En tout cas, au vu des bons résultats, la Fox a décidé de reprendre la diffusion plus tôt que prévu, le 29 janvier au lieu de début mars. La légère déception vient de Lost, troisième du nom, qui semble (mais ça n’est peut-être qu’une impression) s’enliser dans un ésotérisme un poil rasoir. Les mystères ne peuvent pas éternellement s’ajouter aux énigmes. Il faut, de temps en temps, apporter aux fans devenus à moitié dingos par ce bazar labyrinthique qu’est devenue la série, des débuts de réponses à leurs questions. C’est d’autant plus frustrant que les 6 premiers épisodes diffusés avant la pause ont joué la montre autour des trois personnages vedettes (Jack, le médecin la morale, Kate, la délinquante repentie et Sawyer, le mauvais garçon au grand cœur), histoire de faire patienter les inconditionnels. On verra bien, en février, si JJ Abrams réserve quelques surprises de belle facture, comme l’an dernier. A moins que le petit génie d’Hollywood ne souffre à nouveau du syndrôme de lassitude qui l’a conduit jadis à bousiller les deux dernières saisons d’Alias, pourtant sa première grande réussite. Une indication encourageante, Abrams et son pool de scénaristes seraient en négociation avec la chaîne ABC pour déterminer une date de fin de la série. Comme ça, ils sauront où ils vont, et nous avec. Impossible de terminer ce tour d’horizon sans prendre quelques nouvelles de Jack Bauer. Pour ce Day 6 de 24 Heures, le gouvernement américain n’a pas d’autre choix que de faire appel à ses services et donc de le faire sortir des geoles chinoises dans lesquelles il moisit depuis 2 ans avec, pour régime, gégène matin, midi et soir. Attendu ? Oui, mais pas comme on pourrait le croire. On ne peut rien dire d’autre à part que ça démarre sec et que cette saison bat tous les records dans le registre traumatique post-11 septembre.
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