jeudi 8 décembre 2011 17:36
« The Big C », sous le signe du cancer
par Isabelle Hanne
The Big C, de Darlene Hunt
saison 1, 1 et 2/13
Canal + à 22 h 20.
Atteinte d’un mélanome en phase terminale, Cathy Jamison, prof middle class et mère d’un fils unique, décide de changer de vie pour les quelques mois qui lui restent. Elle veut une piscine dans son jardin. Brûler son canapé qu’elle trouve hideux. Ne manger que des pâtisseries et boire beaucoup d’alcool. Elle ne veut plus vivre avec son mari bedonnant et immature, mais profiter de tous les instants avec son fils. Elle ne veut plus faire cours à des élèves qui n’écoutent rien, fait la roue dans les couloirs et n’est pas contre une partie de jambes en l’air contre la photocopieuse. Surtout, elle refuse de dire à ses proches qu’elle est malade. Voilà donc le nœud narratif de la série : personne ne peut comprendre l’altérité de Cathy puisque personne ne sait qu’elle est malade. Rien de très original dans The Big C, elle pioche dans d’autres séries de Showtime, chaîne américaine qui la diffuse. La mère courage (Weeds), le secret face à la famille (Nurse Jackie), la maladie (United States of Tara), la banlieue (toutes les séries américaines). Idem sur le ton, The Big C est une « dramedy », mi-sérieuse mi-légère, pas franchement grinçante ou antipolitiquement correcte, contrairement à la promesse initiale : rire sur le cancer. Mais The Big C n’est jamais ni bête, ni gratuite, ni larmoyante. Elle est même souvent juste, drôle, et servie par d’excellents comédiens. Cathy, que joue Laura Linney (Mystic River, Love Actually), toujours sur le fil. Les seconds rôles sont également savoureux : Sean (John Benjamin Hickey), le frère clodo écolo, Marlene (Phyllis Somerville), la voisine acariâtre, Andrea (Gabourey Sidibe, Precious), l’élève noire et obèse. Paru dans Libération du 8 décembre 2011
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