lundi 31 mai 2010 15:39
The Creators Project, du « Vice » dans la créa
par Marie Lechner
tags : web tv , art numérique
DR
La crème des innovateurs en musique, art, cinéma, design, architecture, jeu vidéo, rien de moins… C’est l’ambition affichée du site The Creators Project qui redessine, en quelques clics, la carte mondiale de la culture, à la sauce Vice. Aux manettes, Vice, donc, fanzine irrévérencieux créé en 2004 à Montréal, devenu un empire médiatique présent dans plus de 20 pays. Aux cordons de la bourse, le géant du microprocesseur Intel, en mal de légitimation pop, qui fait au passage la nique à Apple. Drôle d’accouplement dont le dénominateur commun est le mariage entre créativité et technologie. Shane Smith, cofondateur de Vice, dit vouloir lancer « quelque chose qui s’inspirerait des salons parisiens des années 20 » où convergeaient artistes, écrivains, musiciens pour échanger des idées. The Creators Project espère devenir la plaque tournante de la création numérique, agglomérer les talents de demain, casser les barrières entre les disciplines, stimuler les collaborations entre artistes. Le projet se décline en ligne mais aussi physiquement, lors d’une série d’événements combinant installations, projections, conférences et fiesta musicale autour du monde. Le premier a lieu aux studios Milk à New York, le 26 juin, avant de faire un crochet sur le Vieux Continent (Londres le 17 juillet) mais lorgne surtout du côté des scènes émergentes (et de leurs marchés), le Brésil (São Paulo le 14 août), la Corée du Sud (Séoul le 28 août) et Pékin où aura lieu le bouquet final, du 17 au 19 septembre. Pour l’instant, difficile de voir en quoi ces événements seront différents d’un autre festival d’arts électroniques. Le casting, en tout cas, est impressionnant et ne manque pas de flair. Parmi les 84 artistes de l’écurie, quelques pionniers emblématiques (Laurent Garnier, Stefan Sagmeister, Spike Jonze, Richie Hawtin, Chris Cunningham, etc.), mais surtout la génération qui monte « dans le ciné indé, les architectures futuristes, les musiques électroniques d’avant-garde et la mode » selon le communiqué.
Le site dévoile peu à peu les vidéos présentant le travail de ses poulains, parmi lesquels le Coréen Hojun Song, qui veut lancer son propre satellite en open source, le Chinois Ray Lei et ses jolies animations dessinées main, les hypnotiques architectures lumineuses du Brésilien Muti Randolph, les clips de Radical Friend, les robes de papier de Jum Nakao ou encore les impressionnantes installations interactives du collectif londonien U.V.A. Côté Frenchy : le réalisateur Ladj Ly de Kourtrajmé, les Versaillais de Phoenix, le collectif Exyzt… Chaque interview est aussi l’occasion de détailler les logiciels utilisés, les marques de matériel informatique, et de dire à quel point c’est chouette la technologie. Vice lui-même est un rejeton de la révolution numérique. « Vice a débuté en gros lorsque les idiots ont été autorisés à publier, a déclaré Shane Smith à Wired. La technologie nous a permis de lancer notre propre magazine, puis notre propre WebTV, VBS, grâce à des outils d’édition, des caméras, et des logiciels bon marché. La technologie a toujours été au cœur de ce que nous faisons. » Vice a d’ailleurs lancé récemment une autre plateforme de news qui brasse agréablement les cultures électroniques, Motherboard.tv, sponsorisée par Dell cette fois. Paru dans Libération du 29 mai 2010
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