Ecrans, un site de Libération.fr

Dixit

Je rejette le terme “piratage”. Ce sont des gens qui écoutent de la musique et la partagent avec d’autres personnes.

Steve Albini, pilier du rock indépendant américain depuis 1982

  • Home
  • Internet
  • Télévision
  • Cinéma
  • Dvd
  • Jeux
  • Téléphone
  • Forums
  • Rss

mercredi 21 janvier 2009 18:21

  • cinéma

The Square, « la terreur et la pitié »

Série B d’Australie. Une femme et un magot, pour deux mecs - et plus si affinités...

par Bayon

DR

Le strict The Square, à l’intitulé crypté (la quadrature du cercle  ? le vieux garçon), met rudement à cran pendant 1 h 45 pile. Revendiqué « film noir » par son auteur (cascadeur, acteur, monteur, scénariste, producteur…), ce « boulevard antique », comme on serait tenté de spécifier la chose du jour, en est la cause. Soit une femme et un magot, pour deux mecs – et plus si affinités…

Tout commence par des câlins et continue par des coups. Coup au cœur, coup fourré, de pelleteuse, de pétard, de Jarnac, du sort, coups pourris en série de Murphy – selon la martingale dramatique de « l’engrenage » ou « machine infernale » rituels. « Chaque geste sera fatal », promet d’ailleurs le slogan barrant l’affiche calibrée (d’un calibre noir luisant tel un mamba ou dogue, dans une « main du Diable » des familles, « chien » prêt à aboyer), à l’amerloque. L’affaire se passe en Australie, mais le slogan ne se flatte pas  : on ne saurait mieux rappeler la règle du jeu tragique  : « La terreur et la pitié » — et la maudite morale immanente entre.

L’un dans l’autre, tout est étrange, dans ce polar étranger jusqu’à l’hostile, montage de riens évoquant quelque Blue Velvet d’« inquiétante étrangeté » géo-onirique — les cauchemars du héros ponctuant l’action en instillant le malaise austral. Un attrait de ce Square austère est ainsi son casting. On ne dira jamais assez, en regard du plaisir de retrouver tel ou tel acteur fétiche, celui de ne reconnaître personne, de se voir en terrain si parfaitement inconnu – comme là. Un autre trait de ce thriller à la Blood Simple est l’extinction du désir qui s’y voit, dans la peur et le sang  : l’anxiété qui l’attise éteint la luxure  ; Thanatos n’aime pas tant Eros que cela…

Le héros-démon de midi du Square, qui eût pu être le flic du récent Jar City parent islandais, a une tête métaphysique d’acteur du froid, rescapé d’un Tarkovski ou Bergman  ; Max von Sydow Emigrants dérivé. L’héroïne eût pu jouer la pomme-pom girl du jardin (square  ?) de l’Eden, Eve semeuse de trouble charnel. Les comparses sont uniformément bourrins, rednecks antipodiques à moustache-katogan hard, pattes et batte, truck et fusil à kangourous. Jusqu’au semi-miscasting du cocu du lot, un peu court et lourd pour le type. Les personnages prenants, avec le rôle-titre David Roberts, Ray, sont les filles instruments du destin.

On ne sait ce que Carla (Claire Van Der Boon) veut, ni ce que la copine tarée du pyromane vaut, mais elles déconnent un peu. Ce « un peu », sur le fil d’hystérie de la sous-Bovary du bush, à la lisière de la connerie, fera tôt la différence. Du paradis à la fin du monde en deux-trois pépins dum-dum.

Morale  : « bien mal acquis… » ou « tout ce qui brille n’est pas or »  ; et résultat  : tout bourbeux, comme le périmètre de chantier de Ray, aux fondations instables et tractations en dessous-de-table, tout bon. Vice-versa, net et carré.

Paru dans Libération du 21 janvier 2009


Il y a 5 réactions à cet article.

Lire les réactions.
Réagir à cet article.

Partager cet article

Partager Tweet


Twitter Ecrans Facebook Ecrans

article précédent
« Clim City » : Sim City version réchauffement climatique
article suivant
Le site du jour : La maison close (est ouverte)


 

Loading

Outils

  • imprimer
  • réactions (5)
  • Tweet
  • Partager

Actualit

  • Législatives : les boulettes du vote par Internet
  • Lekiosque.fr se presse à l’étranger
  • Pierre Lescure, des intérêts en question
  • Angry Birds prend son envol social
  • Pas de « Silence on joue » cette semaine

Lib.fr

  • Egypte : les Frères musulmans se disent en tête au premier tour
  • Force Ouvrière a des doutes sur le retour de la retraite à 60 ans
  • Le ministre des Transports refuse tout départ forcé à Air France
  • CGT : Bernard Thibault va dire sa préférence
  • Concerts de casseroles au Québec contre la «loi matraque»
publicité

Inutile donc inutile

img75
Un coup de Moog

Jouer du Daft Punk avec le doodle Moog de Google ? Yes he can.


Chronophage

Wake up the Box 4

On ne se contente plus d’assembler les pièces de bois à notre disposition pour construire une machine à réveiller la boîte. Il faut désormais les dessiner soi-même.


Ecouter / Voir

img75
Un clip dans ses petits papiers

« Østersøen » fera moins consensus sur son style musical que ses charmants décors en papier et carton.


Hum, bizarre...

img75
Dans le secret des lieux

L’un des gouvernements les plus zélés sur Google Earth est celui des Pays-Bas, qui a recouvert d’esthétiques polygones des centaines de sites stratégiques (palais royaux, dépôts de fuel, bases militaires...)


Vidéo box

img75
Meilleurs souvenirs du net

Marco Cadioli se livre à des dérives existentielles autour du globe avec Google Earth.


Vendredi, à poils !

img75
« Ce glandeur de phoque du Groenland n’a pas de boulot »




accueil | internet | télévision | cinéma | DVD | jeux | téléphone
contacts | licence | mentions légales | données personnelles | charte d’édition
engine SPIP | powered by carburant
© Libération- un site de Libération Network - 2006 - 2008