vendredi 30 novembre 2007 14:38
« The Witcher » réussit ses clichés
tags : pc , jeu de rôle
Geralt de Rivia, le héros de « The Witcher », s’éloignant vers le lointain. DR
Au début, on croirait être tombé dans une sorte de mauvaise bouillabaisse, un assemblage des pires clichés : un héros surpuissant aux longs cheveux blancs (Elric), capable de découper du barbare à la douzaine (Conan), qui a perdu la mémoire (Jason Bourne, XIII) et qui tombe toutes les nanas (bon alors là, c’est à peu près tous). D’ailleurs, le monde alentour n’encourage guère le joueur : un château géant, une confrérie de Templiers magiques persécutés, des chiens (de Baskerville) possédés, plein de sorciers maléfiques... Ce n’est pas de leur faute, aux Polonais de CD Projekt : dans The Witcher, leur premier jeu de rôle, ils adaptent l’univers kitscho-médiéval-fantastique des romans de Andrzej Sapkowski (non traduits en France). Mais au fur et à mesure que l’on progresse dans le jeu, on se rend compte que tout cela est bien moins nunuche qu’il n’y paraît. Dans ce monde, racisme (envers nains et elfes) et lutte des classes sont exprimés ouvertement, ce qui surprend durant les premières heures de jeu. Rien n’est ce qu’il paraît dans The Witcher, et les choix effectués plusieurs heures auparavant auront parfois des conséquences dramatiques. Essayez donc de la jouer héros pacificateur : vous aurez certes l’impression de résoudre la situation sur le moment. Mais ce ne sera que pour mieux ramasser vos dents quand les malheureux que vous teniez à sauver se retourneront contre vous. The Witcher laisse au joueur le choix de sa moralité et de son éthique, et le lui fait parfois payer cher. En cela, il s’agit probablement de l’un des meilleurs jeux de rôle sortis ces dernières années sur PC, avec un ton et un langage très adultes. Sexe, corruption et trahison y sont la norme. Sans oublier la violence, puisque les combats sont l’une des particularités de The Witcher. Il faut en effet cliquer selon un rythme bien précis sur les ennemis pour réussir à les occire sans faillir. Un système original, qui demande au joueur de s’impliquer plus que d’ordinaire dans les combats, mais qui ne condamne pas pour autant les fautes d’inattention. Malgré tout, il faudra fréquemment faire usage de l’alchimie pour lutter ou pour se soigner. Et là encore, les potions les plus utiles auront toutes des conséquences plus ou moins désagréables. A-t-on réellement besoin de cet elixir de combat, qui permettra de s’en tirer plus facilement ? Oui, mais il s’agit aussi d’un poison puissant qu’il faudra ensuite soigner sans tarder... Là encore, le jeu laisse le joueur choisir sa voie. Un regret toutefois : quels que soient les choix effectués durant les dizaines d’heures du jeu, le scénario (très prévisible) trouvera toujours le moyen de retomber sur ses pattes pour arriver à l’unique fin de The Witcher. Dommage. The Witcher, développé par CD Projekt et édité par Atari, 50 euros sur PC.
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