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jeudi 22 avril 2010 11:40

  • télévision

This is Sparta(cus) !

par Alexandre Hervaud

tags : série , sexe , gore

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Dès le premier teaser paru sur le Net, on savait pertinemment qu’on regarderait Spartacus Blood and Sand, nouvelle série de la chaîne Starz aux Etats-Unis. Pas forcément dans son intégralité, mais au moins le pilote. Avec son esthétique inspirée (euh, plutôt pillée en fait) au 300 de Zach Snyder, ralenti et gerbes de sang inclus, le potentiel d’epicness bad-ass semblait quasi-inédit pour le petit écran, et bien loin du classique réalisé par Kubrick en 1960. Et avec le duo Sam Raimi / Robert Tapert à la prod’ (Evil Dead au ciné, Hercule à la tv), on pouvait espérer une dose de fun décomplexé non négligeable. Aux manettes de la chose, on retrouve Steven S. DeKnight, un habitué du Whedonverse puisqu’il a oeuvré sur Buffy, Angel et Dollhouse. Des productions bien innocentes face aux monstruosités graphiques proposées par Spartacus.

Treize épisodes plus tard —car oui, on a supporté jusqu’au bout l’atmosphère cheap sur fond vert, non sans mal au début —, force est d’admettre que la série vaut beaucoup plus que ses débordements gore et cul, même s’ils sont, à n’en pas douter, pour beaucoup dans le succès d’audience du show outre-Atlantique. Restons d’abord dans les influences. Si le postulat initial rappelle beaucoup le Gladiator de Riddley Scott, dont la réplique « dans cette vie ou la prochaine, j’aurai ma vengeance » ressort presque telle quelle dans le show, c’est surtout la série Rome qui s’impose comme maître étalon, orgie téléviso-romaine oblige. Les fans de la série culte pondue par HBO et la BBC, achevée au bout de deux trop courtes saisons, risquent fort de crier à l’ersatz devant Spartacus. Au delà du cadre historique, les deux séries comportent un lot de personnages assez proches, comme celui de la MILF acariâtre et manipulatrice jouée par Polly Walker dans Rome quasi copiée-collée en Lucy « Xena » Lawless.

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Pour autant, s’entêter à mettre obligatoirement Rome et Spartacus dans le même panier reviendrait à opposer le Miami Vice de Michael Mann au Bad Boys II de Michael Bay : en terme d’ambitions comme de résultat final, le fossé est plutôt similaire. Et précisons tout de suite que l’auteur de ces lignes considère le délire pyrotechnique de Bay comme un efficace plaisir coupable, ce qui explique certainement la tolérance réservée au spectacle offert treize épisodes durant par Sam Raimi et son crew. Aux côté de la revenante Lucy Lawless, le casting se compose de gentils has been (John Hannah, le sidekick relou de la triloge La Momie) et d’inconnus (le rôle titre est tenu par l’australien d’adoption Andrew Whitfield). Autre emprunt à 300 : l’acteur Peter Mensah, dont la réplique « this is madness » provoquait chez Snyder le culte « THIS IS SPARTA » de Léonidas. En tête d’affiche, par son style biceps/cuir et sa coiffure, Whitfield rappelle souvent le Sam Worthington du Choc des Titans, en beaucoup moins fadasse à terme. Le reste de la distribution est assurée par des muscles sur pattes relativement accessoires dont la principale mission est d’étriper tout ce qui bouge dans l’arène de Capoue, le ville où se situe l’action.

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Spartacus, malgré ses indiscutables faiblesses (look parfois indigent, seconds rôles en roue libre, facilités scénaristiques), tient le cap jusqu’à sa monstrueuse conclusion qui, à l’image du reste des épisodes, remet en cause le train-train du show en promettant une deuxième saison encore plus tarée. D’ici là, on aura découvert le comic book Spartacus, juste retour des choses tant la série a puisé dans le filon graphic novel pour son esthétique :

Présenté récemment à Cannes lors du MIP, Spartacus sanglant et sablé n’a pour l’instant pas de diffuseur français annoncé. Et la deuxième saison a vu son tournage retardé après l’annonce du cancer d’Andrew Whitfield, qui devra se remettre avant de renfiler le slip de l’esclave gladiateur. Pour ne pas laisser les décors, acteurs et scénaristes en plan, Starz (dont on attend avec impatience la deuxième saison de l’hilarant Party Down) envisagerait de produire un spin-off / prequel. Whitfield rejoint ainsi son confrère Michael C. Hall , alias Dexter, dans le club des « acteurs principaux d’un show à succès atteint d’une maladie qui menace l’avenir de sa série ». Dans les deux cas, c’est peu dire qu’on leur souhaite un über-prompt rétablissement.


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