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samedi 27 mai 2006 18:13

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Top Modem

Entre deux défilés, Anina prend toujours le temps d’alimenter son blog. Du haut de son 1,76 m, elle revendique sa technophilie et crée sur le Net des lieux de rencontre pour la famille de la mode.

par Frédérique Roussel

tags : blog , mode

Anina – « petite Anne », précise-t-elle – donne rendez-vous au Trésor, un bar branché du Marais à deux enjambées de son écrin parisien. De retour de Suisse d’une séance de « shooting » pour un magazine, elle fait une pause avant de repartir pour un défilé à Londres. L’Américaine du Michigan extrait machinalement l’un de ses trois portables de son sac à main. Comme une gamine qui ne se lasse pas de ses jouets. Anina est mannequin et geek. « J’ai acheté le Nokia 7650 à Milan dès qu’il est sorti il y a six ans, précise-t-elle. A l’époque, j’étais la seule à savoir comment il marchait. » L’écran est déjà allumé, les doigts s’activent sur le clavier, elle vérifie si elle n’a pas reçu de mails. « Je regarde mon mobile comme un tapis volant, la porte vers tous les possibles. » Au passage, elle montre quelques images de sa personne dans des atours de luxe.

La passion des nouvelles technologies ne lui est pas tombée dessus à Milan. Un père mathématicien, deux frères aînés ingénieurs avec qui elle rivalisait aux jeux vidéo. « Je voulais programmer, affirme-t-elle. Ma mère m’a acheté mon premier ordinateur à 7 ans. » Elle a finalement préféré faire fructifier sa beauté de longue plante rousse (1,76 mètre). Mais elle a ouvert un blog assez vite, en 2001, pour montrer qu’on peut être féminine et sensible aux technologies. « Je veux casser le stéréotype des femmes réfractaires aux nouveaux outils. On a été élevé pour nous faire croire à ce mensonge. » Le top model international a entrepris une croisade pour encourager les femmes à lutter contre cet a priori, et, du même coup, donner des idées à l’industrie de la mode, guère geek. Le blog, qui peut être réactualisé à distance, lui a paru un support idéal pour mettre en ligne des images animées, par exemple celles des défilés. « Avant, je faisais mes photos, je rentrais chez moi et je tapais sur mon ordi jusqu’à 3 heures du matin. Aujourd’hui, je peux me coucher plus tôt, aller à une fête... Le blog offre de la mobilité à une communauté et permet aussi de faire des rencontres. »

Après Anina.net, elle a lancé le 3 octobre dernier anina.net/360fashion, un point de vue panoramique sur l’univers de la mode, réalisé par des professionnels grâce aux technologies nomades dernier cri. Chaque maillon participe au projet : mannequin, coiffeur, agence, créateur, photographe... Anina le présente comme une roue de Samsara – qui symbolise chez les bouddhistes les cycles de l’existence –, rassemblant aujourd’hui quinze blogs. « C’est un projet idéal pour les professionnels de la mode qui se déplacent en permanence, qui se servent beaucoup du cellulaire, moins des ordinateurs. » Ambassadrice de charme, elle est intervenue en février au 3GSM de Barcelone, le plus grand rendez-vous de la téléphonie au monde. Elle organise aussi des rendez-vous « fun », au cours desquels les gens créent l’événement en live sur le blog, comme à la galerie Artcore. D’où vient cette énergie ? « Dans le futur, ce ne sera pas suffisant d’être seulement un corps physique, avance-t-elle. Je veux me positionner comme un techno-modèle. » Sur son portable est installé un software façonné pour elle, Dress Up Anina : on peut tester une nouvelle collection sur son avatar.


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