jeudi 7 janvier 2010 10:29
Trafic mobile embouteillé
Ne l’appelez plus téléphone...
Nexus One, le challenger signé Google
iPhone, le bijou d’Apple attaqué
Jamais un écran de poche n’avait provoqué autant de files d’attentes à l’entrée des magasins.
Intelligent
Autant le dire tout de suite, le téléphone ne sert plus à téléphoner. Ou si peu.
Journée infernale avec mon smartphone
Du matin au soir cramponné au portable... Gare à l’overdose !
«Le trafic multimédia mobile de votre offre a atteint 800 Mo. Au-delà de 1 Go (gigaoctets, ndlr), le débit sera réduit jusqu’à prochaine facturation.» Voilà le petit mot doux que reçoit l’abonné Orange qui a trop joué avec son iPhone. Avec son forfait internet soi-disant illimité. «Cela s’appelle le “fair use”», rétorque-t-on chez Orange. Presque 10% des abonnés se verraient mis à la diète de cette façon-là. Motif ? Ils vont trop sur YouTube, ou regardent trop la télé sur leur mobile. Mais «attention, on ne coupe pas la connexion, et le service n’est pas arrêté. Il est juste dégradé». La faute au réseau qui frise la saturation, compte tenu de l’usage compulsif de ces nouvelles bestioles multimédia. Est-ce à dire que l’iPhone est condamné bientôt à ramer ? Non, se défend l’opérateur : «On a été les premiers à se battre pour distribuer l’iPhone, et Orange a toujours dit que l’Internet sur le mobile allait se développer.» Il n’empêche que face à la menace du grand embouteillage, Orange, SFR et Bouygues Télécom sont engagés dans une sorte de course de vitesse pour maintenir leur réseau suffisamment dimensionné. Chez Orange, on investirait dans le réseau, fixe et mobile, autour de 3 milliards d’euros par an. Chez SFR, même effort, toutes proportions gardées, avec une injection de 1,4 milliard d’euros par exemple en 2008. Depuis l’irruption de l’iPhone, la poussée des autres smartphones, et le succès des clés 3G que l’on branche sur les ordinateurs portables, le trafic sur le réseau mobile a été multiplié par quatre en un an, a reconnu récemment Frank Esser, le patron de SFR. Mais les deux opérateurs jurent qu’ils maîtrisent la montée en régime. Pas comme l’américain AT&T ou le britannique O2. Ce dernier, distributeur exclusif de l’iPhone au Royaume-Uni, vient d’avouer, penaud, que les hoquets que ses clients ont subis sur son réseau de téléphone mobile l’été dernier étaient dus à l’insatiabilité de l’iPhone à cause des navigations sur Internet. D’ailleurs, rappelle Frédéric Pujol, analyste à l’Idate, «O2 v ient d’annoncer la construction de 200 stations de base supplémentaires» pour densifier son réseau. Et 35 millions d’euros sont injectés rien qu’à Londres pour revenir à un service normal. «Il suffit d’aller sur les blogs lire les plaintes des usagers» pour mesurer la dégradation du service à l’étranger. Y aurait-il vraiment une exception française ? Chez SFR, on plaide le modèle de l’opérateur intégré, présent dans le fixe et le mobile, et qui s’appuie sur son réseau de fibre optique pour écouler le trafic des téléphones cellulaires. Les hot spots wi-fi, les box à la maison, soulagent aussi l’écoulement du trafic depuis le mobile. Tout récemment, SFR a commercialisé un petit boîtier (Femtocell) à brancher sur sa box pour utiliser son mobile chez soi sans solliciter l’antenne posée sur le toit de l’immeuble d’en face. Mais signe que les opérateurs en France sont moins à l’aise qu’il n’y paraît, ils s’apprêtent à se battre pour acheter aux enchères de nouvelles fréquences pour se donner un peu d’air. L’appel à candidatures doit être lancé dans les toutes prochaines semaines. Et la bataille promet d’être acharnée… Paru dans Libération du 6 janvier 2009
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