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mercredi 25 juillet 2007 11:11

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« Transformers », horreurs mécaniques

La dernière superproduction pour ados, signée Michael Bay, n’évite aucun cliché du genre : explosions en pagaille, amourettes mièvres et morale gnangnan. Un carton aux Etats-Unis.

par Sébastien Delahaye

tags : buzz , violence , blockbuster

DR

Le nouveau jouet de Michael Bay (après Armageddon, Pearl Harbor et Bad Boys 2) s’appelle donc Transformers. Soit 144 minutes dénuées de subtilité, mélangeant comédie ­grasse pour ados et gros film d’action sans surprise. Précédé par une campagne marketing maousse, Transformers a tout du blockbuster d’été basique et calibré. Les produits dérivés existent déjà depuis vingt ans. Un bonheur pour la Paramount, puisque Transformers caracole déjà en tête du box-office américain.

Des robots, les bien nommés Transformers, capables de prendre n’importe quelle forme, arrivent sur Terre. Malgré la présence de Spielberg au poste de producteur exécutif, ces E.T. n’ont pas l’apparence de bestioles rabougries à tête hypertrophiée. Ils prennent la forme d’objets de consommation (voitures, radio-cassettes, portables). Les plus méchants se déguisent en véhicules militaires. Inutile d’y chercher une quelconque subversion, Bay est bien trop premier degré pour y avoir pensé.

Deux camps s’affrontent pour retrouver une sorte d’Apéricube gothique géant assurant la reproduction de l’engeance : d’un côté les gentils « Autobots », de l’autre les infâmes « Decepticons » (sans jeu de mots). Dans leur quête, bons et méchants feront principalement intervenir Sam —Shia Labeouf, bégayant futur rejeton d’Indiana Jones—, jeune adulte complexé en quête de fille et de voiture, et Mikaela, brune ingénue fascinée par la belle mécanique des robots. Plus toute une palanquée de personnages sans profondeur, intérêt ni humanité, que Bay prend tout de même le temps d’introduire trop longuement. S’ensuivent des cageots d’explosions, de dialogues au bazooka, de musique pompeuse (avec en alternance les rockeurs pompiers Linkin Park).

Par mansuétude, mieux vaut peut-être faire (comme Michael Bay d’ailleurs) l’impasse sur le scénario incohérent. Pour se rabattre sur les si impressionnantes scènes avec les robots ? Las. L’habituel montage frénétique et illisible de Bay se double ici d’un gros problème : dès lors qu’ils sont en mouvement, les robots deviennent flous. Les combats ne sont alors plus qu’une bouillie infâme, sorte de soupe aux grumeaux où l’on ne sait trop qui combat qui (la plupart des Transformers sont gris), ni comment. Autant dire qu’on n’y attache vite plus la moindre importance. Et vite, très vite, l’ennui s’installe. Jusqu’à la fin, sortie de nulle part, ultime retournement de situation qui voit le Bien triompher par une action incompréhensible.

Entre-temps, moult actes héroïques des humains démontrent la prééminence de leur espèce. Car, comme tout blockbuster, Transformers a sa morale serinée tout au long du film. Ici, « sans sacrifice, la victoire n’est rien ». Mais quel sacrifice ? Aucun humain n’est mort, seul l’un des « Autobots » a succombé. Sans d’ailleurs que cela émeuve quiconque, puisqu’on aurait bien du mal à se rappeler seulement son nom. Les seuls bienheureux sont finalement les deux post-ados du film, trop contents de découvrir les bienfaits du bisou sur la bouche au coucher du soleil. Si c’était pour en arriver là, on aurait pu faire plus rapide.


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