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mercredi 24 juin 2009 17:28

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Transformers, zombies, vampires, les tiers états

Robotique, rebelle ou romantique, à vous de choisir.

par Bruno Icher, Olivier Séguret

tags : zombie , vampire

Les zombies nazis de Dead Snow - DR

Transformers 2 : la revanche de Michael Bay avec Shia LaBeouf, Megan Fox, Josh Duhamel… 2 h 31.

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Le robot du guerrier

Avec le ramollissement estival, les blockbusters reviennent. Dans le genre, « Transformers 2 » accomplit sa mission à la lettre. Tout comme l’armée vampirique et zombiesque qui campe actuellement dans les salles.

La vie est-elle un film de zombies ? De Transformers ? Ou de vampires ? La vie n’est aucun des trois, mais tout se passe comme si le cinéma ­contemporain (hollywoodien, mais pas seulement) avait trouvé dans ces trois figures génériques les réponses adéquates aux besoins d’identification de la jeunesse globalisée (occidentale, mais pas uniquement). Le gore et rebelle zombie, le brutal et robotique Transformer, le gothique et romantique vampire : trois états mutants qui correspondent peut-être à trois états (successifs et parfois mélangés) de la psyché humaine d’aujourd’hui.

Le zombie

A la une de The Economist du 7 février, en pleine crise financière, un bras zombie surgit de la terre fraîche d’un cimetière. C’est le spectre du protectionnisme : «The Return of Economic Nationalism», titrait avec effroi l’hebdo libéral. Quinze jours plus tard, se tenait à Paris un défilé carnavalesque de zombies. Le 13 mars, c’était la sortie de Resident Evil 5, la saga zombie la plus célèbre de l’histoire du jeu vidéo, et dont certains épisodes (le 1 et le 4 notamment) sont excellents. Notons aussi que l’Agence de zombification extragouvernementale comme l’Association des zombies anonymes ont créé leurs pages sur Facebook. Ne parlons même pas des films avec zombies de tous calibres (séries B, DVD) qui remplissent chaque mois les pages du spécialisé Mad Movies. L’un des plus attendus étant Dead Snow, de Tommy Wirkola, pochade impliquant des bûcherons norvégiens et des zombies, mais nazis. Une zombie walk avait lieu à Tours début avril et, en ce mois de juin, c’est au tour du magazine Chronic’art de consacrer sa couv’ à la tendance zombiesque. Bref, le goût du zombie est la grande question esthétique, politique, éventuellement sexuelle, qui taraude l’inconscient de la société des années 2000, aussi appelées années zéro, avec un z comme zombie… Années qui se coucheront d’ailleurs dès l’an prochain sans qu’on les ait vues passer, ce qui est exactement le signe d’un processus de zombification…

Le Transformer

Sous son aspect de joujou élaboré, le Transformer est une créature purement brutale, dont la force faramineuse est la seule qualité. Sa popularité immense auprès des mâles les plus jeunes s’explique à la fois par cette hyperpuissance et par le fait que ce robot se combine souvent avec cet autre objet supérieur du désir de garçon : la voiture. Car les Transformers sont aussi des voitures, particulièrement le gentil Bumblebee, métamorphosable à volonté en Chevrolet Camaro jaune.

Robot + voiture + superhéros du bien ou du mal : l’équation suffit amplement à déclencher le processus d’identification après lequel courent toujours facilement les enfants. A la grande différence du zombie ou du vampire, cependant, le Transformer n’est pas humain, ni de près ni de loin, et cherche même de moins en moins à en emprunter la forme, comme le montre Transformers 2 : Revenge of the Fallen, où les robots se multiplient (46 bestioles en tout, contre 16 dans le premier opus) et prennent les apparences les plus baroques, mais aussi les plus éloignées de nous.

Le vampire

La crise n’explique pas tout. Si les créatures de la nuit connaissent une résurrection massive, c’est peut-être aussi que «le mythe correspond à notre penchant animal, un besoin que nous ne cessons de nier dans nos cultures occidentales. Il doit pourtant s’exprimer, à travers le sexe, la violence, le sang», comme le soulignait dans ces colonnes Tomas Alfredson, le réalisateur suédois de Morse. Son film, remarquable, s’attachait davantage à la dimension de victime du vampire plutôt qu’à son caractère de prédateur, thème sucé jusqu’à la dernière goutte.

Le vampire ne serait, après tout, qu’un homme comme les autres que la vie et les préjugés ont transformé en monstre. Le carton de l’année, Twilight, d’après la saga de Stephenie Meyer (le second opus sortira en France le 18 novembre), mettait en scène un éphèbe ex-buveur de sang qui faisait des efforts considérables pour avoir le droit de vivre (et de lutiner sa copine) parmi les hommes. Dans un registre un brin plus subversif, Alan Ball, le créateur de la série Six Feet Under, s’est vu confirmer la commande d’une seconde saison de True Blood par la chaîne HBO, afin de poursuivre le récit de cette communauté de vampires américains qui, depuis qu’ils ont fait leur outing, réclament, comme tout citoyen, l’égalité de leurs droits.

Pour autant, la veine classique, si l’on ose dire, ne semble pas se tarir. Le 22 juillet, les geeks de France trouveront bien un moment pour Lesbian Vampire Killers, série Z bis qui navigue en eaux parodiques pour exploiter les vieilles ficelles érotico-acnéiques contenues dans le titre. Bientôt, The Bleeding avec Michael Madsen, ex-militaire découvrant une bande de vampires dans une ancienne usine transformée en boîte de nuit, déboulera sur les écrans, tandis que les plus acharnés tenteront d’en savoir plus sur The Vampire Diaries, série américaine que la chaîne CW vient de ­confirmer pour la saison prochaine.

Paru dans Libération du 24 juin 2009


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