« Traquenard », brillant noir
par Edouard Waintrop
tags : cinéphilie , le coin du cinéphile
DR
Traquenard (Trapped), de Richard Fleischer, 1949,
78 minutes, avec Lloyd Bridges, Barbara Payton et John Hoyt.
Bach-DVD, collection Serial Polar, 7 euros.
Ce DVD est un produit étrange. D’abord il nous livre un polar formidable : Traquenard (Trapped, à ne pas confondre avec Traquenard, alias Party Girl, de Nicholas Ray), un de ces longs-métrages d’après guerre à la gloire des agents du trésor (comme T-Men de Anthony Mann), qui commence comme un documentaire et vire au noir. On y suit Tris Stewart, un gangster, que les agents du Trésor, en guerre contre les faux-monnayeurs, essaient de recruter dans sa prison. Il échappe vite à ses tuteurs, rejoint sa bande et recrute un type louche pour lancer avec lui des milliers de faux dollars sur le marché. Après avoir dégusté ce film sec et vif, avec son montage au cordeau, on ne peut qu’entendre François Guérif, qui estime, dans un des extras du DVD, que Fleischer est un grand metteur en scène sous-estimé. N’a-t-il pas réalisé L’énigme du Chicago Express, Bandido caballero, Vingt mille lieues sous la mer, L’étrangleur de Boston, Les flics ne dorment pas la nuit... ? Et ici n’utilise-t-il pas des trouvailles formidables ? La première, que nous rappelle Stéphane Bourgoin dans un autre bonus du disque, est d’avoir fait jouer le méchant par un acteur habitué à cette époque à jouer les durs mais bons garçons, Lloyd Bridges (père de Jeff et de Beau Bridges). Et le bon par un habitué des rôles plus ambigus, John Hoyt. Cela force le spectateur à garder un intérêt soutenu pour le « méchant », dont on attend à chaque moment le retournement. Il y a aussi ces belles scènes de bagarre filmées de près, éclairées avec des lumières indirectes. Et cette actrice superbe et sexy, peu connue, Barbara Payton, dont la vraie vie, nous dit Bourgoin, fut un calvaire : après une rixe qui opposa deux acteurs, Franchot Tone et Tom Neal, à son propos, elle sombra dans l’alcool et mourut à quarante ans, le foie rongé. Les bonus sont donc intéressants. Ce qui cloche c’est la qualité de la copie. Elle semble tirée d’un VHS. Evidemment, le prix de ce DVD n’est pas supérieur à celui justement d’un VHS. Et la qualité du film même et de ses accompagnements valent, en fin de compte, le coût.
Il y a 0 réaction à cet article.
Lire les réactions.Réagir à cet article.
Partager cet article
Partager TweetSur les mêmes thèmes:


