Ecrans, un site de Libération.fr

Dixit

Je rejette le terme “piratage”. Ce sont des gens qui écoutent de la musique et la partagent avec d’autres personnes.

Steve Albini, pilier du rock indépendant américain depuis 1982

  • Home
  • Internet
  • Télévision
  • Cinéma
  • Dvd
  • Jeux
  • Téléphone
  • Forums
  • Rss

vendredi 22 septembre 2006 15:12

  • internet

Trois hommes et un coup fin

par Sébastien Delahaye

tags : hacktivisme , téléchargement , mp3

Mardi 19 septembre, trois hommes entrent dans le commissariat du Ve arrondissement de Paris. Ils viennent se livrer à la police dans le cadre d’infractions à la loi DADVSI (relative au droit d’auteur et aux droits voisins dans la société de l’information). Et espèrent ainsi obtenir un procès et être relaxés. Promulguée depuis le 1er août, cette loi très controversée punit théoriquement les adeptes du téléchargement illégal, mais aussi l’utilisateur qui contourne un système de protection. Interdit, par exemple, à moins de devenir un dangereux délinquant, de transférer sur un baladeur MP3 un CD protégé contre la copie. Illégal également, la suppression de la protection numérique (que les technophiles nomment DRM, pour Digital Rights Management) d’un morceau acheté en ligne. Or, le verrou numérique d’un fichier au format Windows Media, le plus répandu, empêche l’utilisateur de lire ce morceau sur un baladeur iPod, d’Apple. Et les morceaux achetés dans la boutique d’Apple ne sont lisibles que sur un iPod.

Or, de nombreux militants anti-DRM considèrent qu’un fichier acheté légalement doit pouvoir se lire sur tous les supports possibles. C’est donc au nom de cette interopérabilité que nos trois kamikazes se sont rendus au commissariat, pour y avouer des crimes aussi infamants que la copie d’un DVD sur un baladeur vidéo ou la suppression des DRM de fichiers audio, des délis punis d’une amende de 750 euros. Jérôme M., l’un des trois volontaires, risque ainsi 30 000 euros d’amende pour avoir publié sur son site comment supprimer les DRM d’œuvres achetées. Pour autant, cette perspective ne l’effraie pas. Il attend même avec impatience le premier procès autour de la loi DADVSI : « Ce dont nous avons peur, c’est plutôt de ne pas avoir de procès. Ce qui signifierait que les autorités souhaitent éviter la publicité autour de ce problème, et espèrent enterrer le mouvement. »

Le collectif StopDRM !, dont fait partie Jérôme, n’en est pas à son coup d’essai. Le 9 juin, par exemple, ils étaient cent-cinquante pour investir la Fnac Montparnasse, à Paris, et y organiser en compagnie de Richard Stallman, le pape du logiciel libre, une manifestation contre les verrous numériques. Le mot d’ordre du collectif : « Les majors et les autorités ont choisi une loi répressive, qu’ils l’assument devant leurs clients, et devant les citoyens. » A terme, les militants anti-DRM espèrent influer sur le contenu des décrets d’application de la loi.

Quant aux trois autoproclamés « apôtres de l’interopérabilité », la police a enregistré leurs déclarations et les a laissé repartir le soir-même. Ils attendent désormais que le Parquet décide ou non d’engager des poursuites. Procès ou pas, la prochaine étape pour le collectif StopDRM ! est de participer à la journée mondiale contre les DRM, le 3 octobre.


Partager cet article

Partager Tweet


Twitter Ecrans Facebook Ecrans

Sur les mêmes thèmes:

hacktivisme - Le site de BFM piraté par des anti-Anonymous

téléchargement - Numérique : la concertation ouvrira « avant l’été »

mp3 - Une mixtape de M.I.A. fuite sur Vicki Leekx

article précédent
Brooks en boucle
article suivant
Wow tape l’incruste

  • Trois hommes et un coup fin, joli titre d’ailleurs

    23 septembre 2006 23:47, par Nemo
    Comme quoi pour dénoncer quelque chose, il faut parfois se dénoncer soi même. Belle action en tout cas ! :)

 

Loading

Outils

  • imprimer
  • écrire à Sébastien Delahaye
  • Tweet
  • Partager

Actualit

  • Législatives : les boulettes du vote par Internet
  • Lekiosque.fr se presse à l’étranger
  • Pierre Lescure, des intérêts en question
  • Angry Birds prend son envol social
  • Pas de « Silence on joue » cette semaine

Lib.fr

  • En direct - Visite surprise de Hollande en Afghanistan
  • Pour Chérèque, mieux vaut aider tous les salaires que hausser le Smic
  • Géménos : Montebourg à la rencontre des Fralib
  • Egypte : les Frères musulmans se disent en tête au premier tour
  • Ceux qui divisent seront responsables en cas de défaite, prévient Dati
publicité

Inutile donc inutile

img75
Un coup de Moog

Jouer du Daft Punk avec le doodle Moog de Google ? Yes he can.


Chronophage

Wake up the Box 4

On ne se contente plus d’assembler les pièces de bois à notre disposition pour construire une machine à réveiller la boîte. Il faut désormais les dessiner soi-même.


Ecouter / Voir

img75
Un clip dans ses petits papiers

« Østersøen » fera moins consensus sur son style musical que ses charmants décors en papier et carton.


Hum, bizarre...

img75
Dans le secret des lieux

L’un des gouvernements les plus zélés sur Google Earth est celui des Pays-Bas, qui a recouvert d’esthétiques polygones des centaines de sites stratégiques (palais royaux, dépôts de fuel, bases militaires...)


Vidéo box

img75
Meilleurs souvenirs du net

Marco Cadioli se livre à des dérives existentielles autour du globe avec Google Earth.


Vendredi, à poils !

img75
« Ce glandeur de phoque du Groenland n’a pas de boulot »




accueil | internet | télévision | cinéma | DVD | jeux | téléphone
contacts | licence | mentions légales | données personnelles | charte d’édition
engine SPIP | powered by carburant
© Libération- un site de Libération Network - 2006 - 2008