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vendredi 22 décembre 2006 13:40

  • dvd

Un coffret pour voir Laloux

« Gandahar » et « La Planète Sauvage », deux des trois longs métrage de René Laloux sortent en DVD dans un magnifique coffret.

par Frédérique Roussel

tags : science-fiction , animation , culte

La Planète Sauvage - DR

Coffret René Laloux 2 DVD
Gandahar (1987), 83 mn, scénario de René Laloux, dessins originaux de Philippe Caza, d’après un roman de jean-Pierre Andrevon.
La Planète Sauvage (1973), d’après des dessins de Roland Topor et inspiré du roman « Oms en série » de Stefan Wul.

« Tous les films sont des monstres qui poussent parfois un grand cri de rage impuissante quand ils se voient sur les écrans. » Cette phrase attribuée à René Laloux, disparu en 2004, donne une idée de l’investissement forcené que ce pilier du cinéma d’animation français mettait dans sa création. Un magnifique coffret reprenant deux de ses trois longs métrage, Gandahar (1987) et La Planète Sauvage (1973), vient le rappeler. La Planète Sauvage, prix spécial du jury en 1973 à Cannes, fût applaudi à sa sortie pour côté novateur. Inspiré d’un roman de l’auteur de science-fiction Stephan Wul, il raconte la révolte des Oms, petit peuple réduit à l’état d’animaux domestiques par les Draags, géants à la peau bleue et aux yeux rouges. Grâce à l’obstination du jeune Terr, chose d’une petite fille Draag, les Oms finissent par retrouver leur dignité d’hommes et à signer un pacte d’harmonie avec leurs anciens esclavagistes. Les dessins, réalisé par le génial Roland Topor, sont d’une poésie incomparable.

Gandahar, adapté d’un roman de Jean-Pierre Andrevon (Hommes-Machines contre Gandahar, 1969) et somptueusement dessiné par Philippe Caza, raconte l’histoire d’une planète heureuse et paisible, dirigée par la sage reine Myrne Ambisextra, mais soudainement menacée par une armée d’hommes de métal. Le plus valeureux sujet, Sylvin Lanvère, est envoyé enquêter sur l’origine de ces êtres qui transforment les hommes et les femmes en statue pour les emmener vers une destination inconnue. Le coffret propose aussi deux court-métrage, moins probants, dont Comment Wang-Fô fut sauvé (1987), une adaptation de la nouvelle éponyme de Marguerite Yourcenar et qui fût le dernier apport de Laloux au cinéma.

Les interviews en annexe (Philippe Leclerc, réalisateur des Enfants de la pluie, à l’époque premier assistant de Laloux, Philippe Caza de Jean-Pierre Andrevon, de Léon Zuratas, producteur de Gandahar et de Gabriel Yared, le compositeur) donnent une excellente vision de l’obstination qu’il fallut à Laloux pour parvenir à achever ses films. La Planète Sauvage, composé de 1073 plans, mobilisa 25 personnes pendant plus de quatre ans dans un studio de Prague, en Tchécoslovaquie. Gandahar, commencé au début des années 70, ne sortit qu’en 1987, après des conditions de réalisation souvent épiques en Corée du Nord, dont une mise en quarantaine rocambolesque de l’équipe par les autorités du pays que raconte savoureusement Philippe Leclerc… Mais le résultat est là. Laloux, personnage charismatique et exigeant, a généré des films d’animation intelligent non infantilisant à l’opposé de l’univers mièvre de Walt Disney. Dixit Fabrice Blin dans sa présentation : « Tous ses longs métrages illustrent, par le biais allégorique de la science-fiction et du fantastique, une réflexion politique, sociale et philosophique. »


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  • Un coffret pour voir Laloux

    7 janvier 2007 16:40, par Radical Edward

    A noter le remix à la sauce aphex twin, autechre et consorts trouvé sur aeiou, le blog de fluctuat (à mettre dans les favoris) : ici

    Je ne sais pas si c’est très légal tout ça, mais c’est plutôt intéresant en tout cas.

  • Un coffret pour voir Laloux

    22 décembre 2006 20:52, par samosate
    Stefan Wul est un grand auteur surrealiste. Il considérait l’écriture et la lecture comme des drogues permettant d’exploser hors de la banalité quotidienne. Il se situe entre Chateaubriand et Jules Verne. Rene Laloux est un grand createur et il a su tranposer la folie des univers de Stefan Wul ; Il mérite d’être réhabilité. C’est un des seuls artistes qui s’est intéréssé à un genre considere comme mineur : la science fiction. Mais comme disait Stefan Wul " laissons l’esthète dans sa tour d’ivoire distiller le suc alambiqué des fades arabesques" et profitons des folies baroques de Stefan Wul.

 

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