Un film en quatre dimensions
par Bruno Icher
tags : court-métrage , relief numérique , web documentaire
Capture d’une démonstration de système 3D relief
« Dites-moi de quel budget je dispose, je vous dirai quel film je ferai. » Ces propos, qu’on prête à Godard (pas forcément à raison d’ailleurs), tous les cinéastes du monde pourraient les tenir. Aujourd’hui, la question des moyens a légèrement dérivé dans un registre technologique, puisque la nature même de l’image dépend des budgets alloués. 2D, 3D, 3D relief, effets spéciaux numériques, motion capture… Le choix est vaste, mais raconte-t-on la même histoire selon qu’on emprunte cet outil ou un autre ? C’est pour commencer à répondre à ces questions que manifestement pas grand monde ne se pose dans l’industrie, que le pôle Images et réseaux, situé à Lannion, s’est lancé dans un projet de court métrage réalisé avec toutes ces technologies. « C’est un projet laboratoire », avance Emmanuelle Garnaud-Gamache, responsable de la communication du pôle. « Le plus souvent, les questions liées à l’utilisation d’une technologie de pointe sont le domaine d’ingénieurs qui ne se posent la question du contenu qu’en fin de processus, c’est-à-dire trop tard. Dans notre projet, il s’agissait de mettre en relation étroite, dès la phase d’écriture, les ingénieurs et le scénariste. » L’aboutissement de cette réflexion est le projet 1x5, en cours de réalisation. Il s’agit d’un court métrage dont quatre segments ont été conçus et réalisés avec des techniques narratives aussi différentes que peuvent l’être la 2D traditionnelle, la 3D, la 3D animation et le tournage au mobile. « Nous avons réalisé pratiquement la même scène tout en expérimentant les contraintes liées à chaque technique », reprend Emmanuelle Garnaud-Gamache. Les quatre segments du film sont en postproduction et les nombreux partenaires de l’opération travaillent à peaufiner montage et effets spéciaux. La progression de leurs travaux fait l’objet, sur le site Images et réseaux, d’un Web documentaire très fourni (la cinquième partie de l’intitulé 1x5) où, à chaque étape, chaque intervenant explique les enjeux de son implication dans le projet et les difficultés rencontrées. « Plus encore que le résultat final, qui ne sera qu’un court métrage de quelques minutes, c’est tout le processus de réflexion et de réalisation qui nous semblait intéressant à montrer », ajoute Emmanuelle Garnaud-Gamache. En guise de point de mire, une projection de ces travaux sera organisée le 12 avril, au cinéma Gaumont de Rennes, puis le film sera disponible sur le site d’Images et Réseaux. Tandis que le cinéma est censé vivre une petite révolution avec la poussée de la 3D, l’explosion des budgets et l’équipement massif des salles, la question des contenus, et de l’écriture, reste encore le parent pauvre de cette évolution. Il faut donc souhaiter que l’initiative d’Images et Réseaux donne des idées à d’autres. Paru dans Libération du 6 janvier 2010
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