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Il faudra un jour faire un Copenhague de l’internet, qu’on convoque les FAI, pour qu’ils ferment l’accès à ces sites, et on règlerait accessoirement le problème de la création artistique.

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vendredi 16 février 2007 12:51

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«Un moyen de tester différentes identités»

par Frédérique Roussel

tags : enfants , communauté , interview , analyse

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Le Dr Larry D. Rosen, professeur de psychologie à l’université de Californie, étudie la population adolescente de MySpace.

Comment expliquez-vous l’attrait des jeunes pour les sites communautaires ?
L’adolescence est l’âge de la vie où l’on se forge des relations. Pour les jeunes générations, du moins aux Etats-Unis, passer du temps avec des amis se faisait avant dans les centres commerciaux, dans les bars autour d’un soda, dans la rue. Aujourd’hui, ces possibilités se sont amoindries avec les mutations de la famille (les mères sont rarement à la maison après l’école) et l’évolution du climat social, qui rend plus compliqué et parfois plus inquiétant de trouver un lieu où se retrouver. MySpace procure un parfait environnement aux adolescents pour jouir d’une communication qu’ils ne trouvent pas dans leur foyer.

Combien de temps passent-ils sur MySpace ?
Mes recherches montrent qu’ils passent au maximum deux heures par jour, certains trois ou plus. La plupart du temps entre 17 heures et minuit. Il y a aussi beaucoup de post-ados sur MySpace (les estimations montrent que la moitié d’entre eux ont plus de 18 ans).

Il y a un débat aux Etats-Unis sur le risque de prédation sexuelle sur ces sites. Pensez-vous que MySpace représente un danger ?
Il y a deux sujets. Le premier est le nombre de prédateurs sexuels et le second est comment les adolescents le gèrent quand ils y sont confrontés dans le cyberespace. Des études récentes du Centre de recherche sur les crimes contre les enfants et du Centre pour les enfants disparus ou exploités ont montré que le nombre de sollicitations sexuelles a baissé ces cinq dernières années. Sur MySpace, j’en ai moi-même peu observé. D’autre part, on s’aperçoit que la plupart des enfants arrivent à bloquer l’importun, lui hurlent dessus en ligne ou utilisent tout autre moyen approprié. Enfin, MySpace est le onzième plus grand pays au monde, juste devant le Mexique. Dans un pays de plus de 100 millions d’habitants, on peut s’attendre à ce que certains dérivent sur le sexuel. Par chance, nos enfants sont tellement dégourdis technologiquement parlant qu’ils sont tout à fait capables de repousser ceux qui dépassent les limites.

Pensez-vous que MySpace ait un effet positif sur les ados qui le fréquentent ?
Absolument ! Où peuvent-ils trouver ailleurs un endroit sûr pour communiquer ? L’adolescence est une période où l’on est en quête d’identité. Ils utilisent MySpace comme un moyen de tester différentes identités qu’ils auraient à assumer en face-à-face à l’école ou ailleurs. Avec l’anonymat du «derrière l’écran» et le sentiment de désinhibition de ne pas être vu, MySpace fournit une opportunité en or de mener cette exploration sans les conséquences du monde réel. En plus, cela les aide à élargir leur cercle social et leur donne la possibilité d’exprimer leur opinion.

Pourquoi de telles communautés sont-elles convoitées par les entreprises ?
MySpace est une mine d’or! Rupert Murdoch est un homme d’affaires avisé et les gens ont douté de sa santé mentale quand il a investi dans MySpace. Google est également une entreprise sensée qui a compris que MySpace fournit une opportunité providentielle de capturer une large part d’un marché au pouvoir d’achat puissant. Par exemple, si un internaute de MySpace a envie d’un CD, il peut se rendre sur Froogle et dénicher le meilleur prix, qui bénéficiera alors à Google. Google n’aurait pas payé un tel prix sans s’attendre à un retour sur investissement.

(paru dans Libération le 19 août 2006)


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