Ecrans, un site de Libération.fr

Dixit

Je rejette le terme “piratage”. Ce sont des gens qui écoutent de la musique et la partagent avec d’autres personnes.

Steve Albini, pilier du rock indépendant américain depuis 1982

  • Home
  • Internet
  • Télévision
  • Cinéma
  • Dvd
  • Jeux
  • Téléphone
  • Forums
  • Rss

jeudi 30 novembre 2006 18:13

  • internet
  • cinéma

Un vrai film de cinéma gratuitement sur Internet

Les distributeurs français ne lui proposaient que 30 salles • Ra’up McGee, documentariste américain reconnu, a préféré le « donner » à Google vidéo • De là à parler d’un nouveau modèle économique pour le cinéma...

par Ange-Dominique Bouzet

tags : vidéo , buzz

DR

Autumn, un polar francophone du réalisateur américain Ra’up McGee (Libération du 11/02/2004), projeté mercredi au cinéma des cinéastes à Paris (en séance privée) a été présenté à la presse comme « le premier film exclusivement lancé en France par Google vidéo, nouveau canal de distribution du cinéma sur Internet ».

En fait, le film est déjà disponible depuis plusieurs mois sur Google : il a été mis en juin sur la plate-forme de vidéo à la demande payante du moteur de recherche aux Etats-Unis (dans la foulée d’une sortie salle) , moyennant un prix de consultation de 3,99 dollars pour 24 heures et de 9,99 dollars en téléchargement. En France, c’est gratuitement, en revanche, qu’il est à disposition des internautes, « en version test », sur le site de partage de Google.

Ra’up Mc Gee a expliqué que Google lui permettait d’atteindre un public plus large que « les trente salles que se contentaient de lui offrir des distributeurs français, au lieu des 150 souhaitables ». Autumn aurait déjà été regardé par « 500 000 internautes dont 80 % de Français », selon Stephan Lechère, de Google vidéo. Quelle proportion, sur ce total, de visionnages complets ou de consultations abandonnée en route ? « Nous n’avons pas encore les moyens techniques de mesurer ce genre de chose » a répondu l’homme de Google.

D’après ses promoteurs, l’opération se rattache à l’expérimentation de nouvelles formules de diffusion, et éventuellement, de rémunération par le net. La vidéo à la demande (VOD) peut être aussi bien financée par la publicité que par la vente , et il s’agit donc de tester différents modes de tarification et d’affichage . Ni le réalisateur ni Stefan Lechère n’ont cependant précisé quels retours financiers Autumn escomptait de la diffusion gratuite sur Google vidéo. Le seul avantage évoqué tiendrait à l’effet promotionnel - qu’on peut juger hypothétique - en faveur des ventes de DVD du film.

Difficile, donc, de regarder le lancement d’Autumn comme l’ouverture d’un nouveau modèle économique pour le cinéma français. D’autant que le film est totalement atypique au regard de la production et de la réglementation nationales. Réalisé il y a deux ans par Ra’up McGee, documentariste considéré aux Etats-Unis, Autumn est la première fiction de ce fan de Melville et du cinéma d’auteur. Il a mis des années à monter son projet qu’il a entièrement autofinancé (sans l’appui de Google). Sur le plan de la « qualité cinéma », rien à redire : McGee a tourné Autumn en français, à Paris, en 35 mm, avec une équipe qualifiée et des comédiens consacrés : Irène Jacob, Laurent Lucas, Michel Aumont. Bref : il y a, dans ce long métrage un peu du paradoxe créatif des Bienveillantes, roman français écrit par un autre Américain, qui vient d’être couronné par le Goncourt. En beaucoup plus cher, évidemment.

Mais Ra’up Mc Gee a eu plus de mal que Jonathan Littell à trouver l’oreille des professionnels français, et la voie des honneurs tricolores. Autumn n’a connu ni sélection cannoise ni sortie salle en France. Il n’est donc pas astreint à respecter la « hiérarchie des medias », qui impose des délais entre une exploitation sur grand écran et la mise en vidéo et en VOD. Le film est inédit en France... dans la mesure où il n’est pas un film « normal ».

La médiatisation du lancement d’Autumn , en attendant, positionne le long métrage de Ra’up McGee en produit d’appel à un moment où l’actualité cinéma de Google vidéo, liée aux dépôts sauvages effectués par les internautes, est plutôt de nature contentieuse : le producteur Jean-François Le Petit (Flach film) a ainsi assigné Google devant le tribunal de commerce, la semaine dernière, pour diffusion illégale du documentaire Le Monde selon Bush. C’est le premier procès dont on parle. Il pourrait ne pas être le dernier.


Partager cet article

Partager Tweet


Twitter Ecrans Facebook Ecrans

Sur les mêmes thèmes:

vidéo - VLC, le lecteur milliardaire

buzz - Free Mobile envoie des signaux de fusée

article précédent
BitTorrent vers un modèle payant
article suivant
Le site du jour : Flickr Time, The MOMMENT

  • Un vrai film de cinéma gratuitement sur Internet

    22 février 2007 20:45, par 9664 sabinem
    regarder le film super nanny
  • Un vrai film de cinéma gratuitement sur Internet

    31 décembre 2006 19:32, par Léon Louis Véga

    L’internet deviendra à terme un puissant moyen de distribution. Si l’expérience d’Autumn ne peut préfigurer un nouveau modèle économique, c’est en bonne partie parce que la monétisation sur google vidéo n’est pas permise en France. A l’époque de son lancement aux Etats Unis, il était possible de placer une video et d’en demander un prix, quelqu’il soit. Ce n’est plus le cas. Pourquoi ? En tout cas, faire des films en numérique (ce qui n’est pas le cas d’autumn), les monter et les distribuer par internet est tout à fait possible et certainement très souhaité par les cinéastes et produteurs qui ne sont pas encore acceptés par le sérail subventionné français.

    Autumn est un film excellent. Je suis persuadé que de nombreux spectateurs achèteront ou loueront le dvd ou bien iront le voir en salle lorsqu’il sortira finalement.


 

Loading

Outils

  • imprimer
  • Tweet
  • Partager

Actualit

  • Ça déchire
  • « Entre le 15 mai et le 15 décembre 2011, aucun film français n’a été téléchargé sur le Web »
  • Législatives : les boulettes du vote par Internet
  • Lekiosque.fr se presse à l’étranger
  • Pierre Lescure, des intérêts en question

Lib.fr

  • En direct - Visite surprise de Hollande en Afghanistan
  • Pour Chérèque, mieux vaut aider tous les salaires que hausser le Smic
  • Géménos : Montebourg à la rencontre des Fralib
  • Egypte : les Frères musulmans se disent en tête au premier tour
  • Ceux qui divisent seront responsables en cas de défaite, prévient Dati

A savoir

A voir sur le web :

Le site officiel d’Autumn

publicité

Inutile donc inutile

img75
Un coup de Moog

Jouer du Daft Punk avec le doodle Moog de Google ? Yes he can.


Chronophage

Wake up the Box 4

On ne se contente plus d’assembler les pièces de bois à notre disposition pour construire une machine à réveiller la boîte. Il faut désormais les dessiner soi-même.


Ecouter / Voir

img75
Un clip dans ses petits papiers

« Østersøen » fera moins consensus sur son style musical que ses charmants décors en papier et carton.


Hum, bizarre...

img75
Dans le secret des lieux

L’un des gouvernements les plus zélés sur Google Earth est celui des Pays-Bas, qui a recouvert d’esthétiques polygones des centaines de sites stratégiques (palais royaux, dépôts de fuel, bases militaires...)


Vidéo box

img75
Meilleurs souvenirs du net

Marco Cadioli se livre à des dérives existentielles autour du globe avec Google Earth.


Vendredi, à poils !

img75
« Ce glandeur de phoque du Groenland n’a pas de boulot »




accueil | internet | télévision | cinéma | DVD | jeux | téléphone
contacts | licence | mentions légales | données personnelles | charte d’édition
engine SPIP | powered by carburant
© Libération- un site de Libération Network - 2006 - 2008