jeudi 5 janvier 2012 19:52
Une France Ô en couleurs sur la TNT
par Isabelle Roberts, Raphaël Garrigos
tags : série , France Télévisions
DR
Non mais c’est quoi cette chaîne qui nous balance l’air de rien le gratin des séries produites par HBO ? Treme donc, mais aussi depuis un an et demi le monument The Wire, et gratos siouplaît : chez France Ô, on se frise les moustaches. France quoi ? Ô, voyons. Mais si vous la recevez, sur le câble, le satellite, l’ADSL ou tout bonnement sur la TNT, canal 19. Quant à savoir ce qu’est France Ô, c’est coton. Cet « Ô », c’est sûr, c’est une vitrine de l’outre-mer : « non », assène Claude Esclatine, directeur de la chaîne publique dernière née de France Télévisions. De la diversité, alors ? « Non », répète Esclatine. En fait, c’est un peu des deux. Baptisée RFO Sat à sa naissance en 1998, la chaîne issue du réseau RFO est destinée aux ultramarins de métropole. « On ne savait pas à qui on s’adressait », indique Esclatine. En 2005, RFO Sat devient France Ô et décroche un canal sur la TNT en Ile-de-France : la voilà axée sur la diversité. Son passage à la TNT nationale en juillet 2010 l’oblige à se repeindre encore ; désormais, énonce Esclatine, ce sera « ouverture sur le monde, métissage des cultures et cultures urbaines ». Le directeur de l’antenne, Gilles Camouilly, évoque « une mission militante : il s’agit de montrer l’enrichissement de la France par l’étranger ». De fait, pas seulement l’outre-mer, mais aussi la Chine (l’Asie a son magazine géopolitique Sinosphère) ou encore l’Afrique. Et ce, via les habituels piliers des télés : l’info, avec trois JT quotidiens essentiellement ultramarins, mais aussi un mag sur l’actu africaine. Enfin, une soirée consacrée à des enquêtes (Planète investigation) composée d’un docu et d’un grand reportage. Côté divertissement, à noter un rafraîchissant Dance Street ! qui voit s’affronter des groupes de danses urbaines. Sans oublier la culture, avec des concerts inédits en prime-time (Snoop Dogg) ou le mag le Choix d’Aline (Afanoukoé). Plus inattendue, l’émission Riding zone qui se penche sur les sports de glisse. Le tout pour 30 pauvres petits millions d’euros annuels (quand la grille de France 2 coûtait 828 millions en 2010). Une peau de chagrin revendiquée par Esclatine : « On est la chaîne low-cost de France Télévisions. Il y a un effet de laboratoire. » Où les laborantins sont souvent noirs, jaunes et marrons. Ça change. Paru dans Libération du 5 janvier 2012
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