lundi 20 juin 2011 11:02
Une défaite claire et Net pour Silvio Berlusconi
par Eric Jozsef
Photo European People’s Party, CC BY
De notre correspondant à Rome.
« Sua Emittenza » défait par YouTube, Twitter, d’innombrables blogs et pages Facebook… Propriétaire depuis près d’un quart de siècle des trois principales chaînes privées italiennes (d’où son surnom, contraction d’« éminence » et d’« émetteur »), Silvio Berlusconi n’a pas réussi à éviter une nouvelle claque politique lundi dernier. Mais pour la première fois, ce revers s’est construit pour l’essentiel sur la Toile alors que le patron de Mediaset contrôle aussi, en tant que chef du gouvernement une bonne partie de l’audiovisuel public. Si les deux référendums contre le retour du nucléaire et contre la loi renforçant l’immunité de Berlusconi ont été lancés par l’Italie des valeurs, le petit parti de l’ancien juge anticorruption, Antonio Di Pietro, ce sont en réalité des associations de citoyens et des groupes d’internautes qui ont informé et mobilisé l’opinion publique. Ce n’est que dans un second temps que les organisations politiques traditionnelles et les syndicats ont pris le relais. Quant à la RAI — la télé publique — elle a longtemps et délibérément ignoré la consultation, conformément aux souhaits du chef du gouvernement qui espérait une faible participation pour que le quorum ne soit pas atteint. Dimanche encore, les images du chef de l’Etat, Giorgio Napolitano, se rendant aux urnes ont été censurées. Souvent très jeunes, les internautes n’ont cessé de traquer sur la Toile les erreurs de la télévision comme lorsque le journal de RAI Uno a fourni des dates de vote erronées. L’une des premières initiatives pro référendum, baptisée « Les fous c’est vous », a été organisée par quatre étudiants qui se sont enfermés dans une pièce, comme les survivants d’une catastrophe nucléaire, et ont retransmis leur performance sur Internet. Nombre d’artistes, dont Adriano Celentano ou le réalisateur Ettore Scola, sont aussi intervenus sur d’innombrables sites, de celui de Greenpeace à l’association Moi je vote. À l’issue du référendum, le leader de la Ligue du Nord, Umberto Bossi, a d’ailleurs déploré que son allié « Silvio Berlusconi ait perdu sa capacité à communiquer à travers la télévision ». Ce dernier, âgé de 74 ans, semble avoir avant tout sous-estimé le langage et le pouvoir d’Internet. Paru dans Libération du 17 juin 2011
Il y a 2 réactions à cet article.
Lire les réactions.Réagir à cet article.
Partager cet article
Partager TweetSur les mêmes thèmes:
politique - Législatives : les boulettes du vote par Internet
Outils
Actualit
Lib.fr
- En direct - Visite surprise de Hollande en Afghanistan
- Pour Chérèque, mieux vaut aider tous les salaires que hausser le Smic
- Géménos : Montebourg à la rencontre des Fralib
- Egypte : les Frères musulmans se disent en tête au premier tour
- Ceux qui divisent seront responsables en cas de défaite, prévient Dati
C’est joli, on aime
Ça déchire
Une feuille de papier, une photocopieuse, des milliards de possibilités.


