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mercredi 20 février 2008 13:03

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Une opérette pour « La valse de l’empereur »

par Edouard Waintrop

tags : musique , cinéma d’auteur , cinéphilie , le coin du cinéphile

Bing Crosby et Joan Fontaine dans La Valse de l’empereur. DR

La valse de l’empereur, de Billy Wilder (1948), avec Bing Crosby, Joan Fontaine, 1h41, couleurs, Bac video, 19,99 euros

Pour Noël Simsolo, spécialiste recruté pour ce DVD et acteur principal de son bonus, La Valse de l’empereur n’est pas un film mineur de son auteur, le très majeur Billy Wilder (1906-2002).

Ce serait même un film capital car il met en scène un milieu que la Seconde Guerre mondiale aurait fait disparaître... Même s’il emballe bien son histoire, Simsolo exagère. Primo, et le spécialiste le reconnaît dans une incise, ce n’est pas le nazisme qui a anéanti les fastes de l’empire austro-hongrois mais la Première Guerre mondiale. Et s’il y a nostalgie de Wilder pour ces fantaisies, elle n’est pas différente au fond de ce qu’exprimait avec humour, le maitre de Wilder, Ernest Lubistch dans la Veuve joyeuse. Avant même que le nazisme ne détruise l’Europe.

Ensuite s’il avait voulu montrer le monde qu’il a connu et qu’il regretterait, Billy, né Samuel, Wilder aurait résuscité Sucha Beskidzka, le bourg de Galicie, aujourd’hui à l’extrême-sud de la Pologne, au pied des Carpathes, où il est né. Ou alors l’ambiance de la Vienne et du Berlin qu’il connut quand il commença sa vie d’adulte, comme journaliste, danseur mondain et gigolo. Avant de travailler dans le cinéma et de participer à l’aventure de Menschen Am Sonntag.

L’Autriche qu’il dépeint ici est un royaume d’opérette, rigolo, cousin proche de la Marshovie de Lubitsch (La veuve joyeuse encore). On y danse sur Le beau Danube bleu et on y vit sans souci grave. Normal donc qu’un chanteur d’exception y fasse la loi : ici c’est Bing Crosby. Il faut entendre ce crooner splendide pousser des yodls, alliant l’esprit tyrolien et le swing.

Il incarne Virgil Smith, un voyageur de commerce américain qui s’est mis dans la tête de vendre un phonographe à l’empereur François-Joseph. Il va tomber raide amoureux de la comtesse Johanna von Stolzenberg-Stolzenberg, jouée par Joan Fontaine, très belle. Le film jouera habilement des quiproquos, des méprises et autres doubles sens. Mais surtout de la voix de Crosby. Celui-ci a alors 45 ans.

Dans les années 30, il a enchaîné les « musicals » de seconde zone. Il a commencé en 1940 la très populaire série En route pour..., avec Bob Hope et Dorothy Lamour par En route pour Singapour, puis un an plus tard il a embrayé avec En route pour Zanzibar, et en 1942 avec En route pour le Maroc. En 1944, c’est la route semée d’étoiles, du grand Leo McCarey où il joue le rôle du père Chuck O’Malley, qui lui fait gagner un oscar parmi les sept que remportera le film. Il reprend le même rôle l’année suivante dans The Bells of Saint Mary avec Ingrid Bergman, toujours sous la direction de McCarey. Il y a encore En route pour Rio et Blue Skies de Stuart Heisler avec Fred Astaire sur la musique d’Irving Berlin. En 1948, Crosby est donc au top quand il joue La valse de l’empereur, chante et porte des dialogues de Wilder et Brackett parfois assez croquignolets.

Résumons : ce film est donc un Wilder mineur mais qui, grâce à Bing Crosby, est doté d’un charme infini.


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