Une simulation de toute « Beauty »
Ce fan-film revisite, avec les personnages du jeu « The Sims 2 », les trois premières minutes d’« American Beauty ».
par Bruno Masi
tag : machinima
C’est le thème musical le plus repris par les réalisateurs de documentaires sociaux et de reportages sportifs. Trois petites notes en suspension, aériennes, tel un survol de banlieue américaine sous un ciel sans nuage. La musique d’American Beauty est à l’image du film réalisé par Sam Mendes : en apparence anodine, elle se révèle aussi incisive qu’un scalpel. Comme le long métrage dominé par la silhouette ectoplasmique de Kevin Spacey, Machinima Beauty s’ouvre sur cette petite chanson et les plans soignés du héros perdu dans ses questionnements existentiels. Réalisé à l’aide d’images conçues dans The Sims 2, ce jeu de simulation sociale où, dans une banlieue américaine, les personnages gagnent la reconnaissance de leurs pairs à grand renfort de barbecues entre amis et de mobiliers de jardin luxueux, MB reprend avec une maniaquerie de cruciverbiste les trois premières minutes du film originel. Madame en pixels taille les rosiers tandis que Monsieur assit dans sa voiture se dit qu’« il n’est jamais trop tard pour faire machine arrière ». Machinima Beauty agit tel un calque où l’irréalité des personnages renforce l’asepsie d’une Amérique dépressive, confinée entre pelouse et garage. L’esthétique et la nonchalance des Sims vont si bien au teint de ce Spacey maladif qu’on imagine volontiers ce clip rallongé et projeté sur grand écran. A voir sur Youtube.
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